Inception

Genre : Science-Fiction

Réalisateur : Christopher Nolan

Synopsis :

Dom, extracteur d'idée, est engagé par Saito afin d'implanter une idée dans l'esprit d'un jeune chef d'entreprise. En contre-partie, il efface son casier judiciaire, ce qui lui permettra de revenir chez lui auprès de ses enfants.

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Avis :

Après nous avoir fait saliver pendant des mois et des mois avec sa bande-annonce, Christopher Nolan livre enfin son petit bébé, faisant encore plus fort que The Dark Knight.

Être devant un film c'est comme être dans un rêve : le réel et l'imaginaire se fond l'un dans l'autre et le temps semble se dissoudre, perdant toute sa valeur de métronome. Après les 2h15 d'Inception, on à la nette impression de n'être resté que cinq minutes sur son siège. On a envie de replonger afin de reprendre contact avec ce monde surréaliste. Mais le porte-monnaie fait foie : se sera pour dans 4 mois, lors de sa sortie en Blu-ray. Le souvenir vient alors combler ce vide que laisse le film. Il semble parfois revivre, devenir autonome dans notre esprit, se baladant n'importe ou, n'importe quand. Voila donc ce que l'on ressent en sortant de notre sommeil cinématographique en compagnie de Christopher Nolan : un sentiment de plénitude qui se mêle à la frustration de devoir attendre le moment clé pour replonger dans ce merveilleux univers. Il faut bien garder en tête le film, son calendrier de sortie : c'est un blockbuster estival. Il est donc inutile de lui demander de faire du Lynch ou du Kubrick. Nolan, bien qu'étant un réalisateur hors-norme, ne fait pas partie de cette trempe de cinéaste qui compose une œuvre de façon autiste ou ultra-perfectionniste. Nolan s'apparente bien plus à un Spielberg : un faiseur de divertissement destiné à un large public, sans pour autant négliger le fond. Ici, il créer un monde ou les réseaux sociaux ne se tisse plus par la toile informatique, mais par la toile cérébrale via le rêve. Le monde réel ne suffit plus à l'homme, il lui faut également conquérir son subconscient, derniére terre inaccessible aux humains depuis que Freud à mis son grain de sel dans les neurones. Tous ce qui fait la force du rêve est dans ce film : le rêve permet de se régénérer, de se souvenir de moments clés, de déformer le réel, un peu comme dans Matrix. Nolan décrit ce processus comme étant le pilier d'une existence : sans le rêve, l'homme s'effondre, tombe dans la folie.

A partir de là, Nolan déploie son échiquier mental avec beaucoup de finesse. Il donne les règles de base au sectateur pour que celui ci comprenne au minimum l'intrigue qui se joue devant lui. Ensuite, il y a toutes les subtilités, les astuces qui viennent s'ajouter à la partie. Une partie ou seul le roi est important : Dom. C'est le pilier du jeu, celui qui mène la danse, mais également celui qui est le plus menacé par l'adversaire (les "projections" comme ils appellent ça). Une partie brillamment mené par Nolan, qui pose ses différents niveau de récit de façon très clair. L'intrigue avance de façon progressive et nette, ou Dom devient de plus en plus menacé par sa femme, Mall, mais également par son audace tout bonnement suicidaire. Le film montre parfaitement l'état d'esprit de cet homme, dans tous ce qu'il a de plus complexe et d'intrigant dans sa démarche. Autour de lui, il n'y a que des pions, dont seul se démarque Ariane, qui représente le fil conducteur de Dom, qui va le conduire ou non vers sa rédemption. Se démarque également le personnage de Fisher, la cible de l'opération. Un homme manipulable, faible, qui fait honneur à la piètre opinion que son père semble avoir de lui. Ce personnage bénéficie d'ailleurs d'une des plus poignantes scènes, qui représente parfaitement toute la complexité des relations père/fils. Ses thématiques, Nolan les met en avant par une énergie incommensurable. Il joue avec le temps, il plie l'espace comme une feuille en papier, crée un récit à l'image de l'escalier de Penrose, ou le rêve ne cesse jamais vraiment. Des séquences de bravoure vertigineux (le combat en apesanteur est tout simplement sublime), une partition électrisante de Hans Zimmer, des décors majestueux (l'hôtel ou bien la demeure de Saito) qui n'ont rien à envier à James Bond. S'ajoute un casting absolument parfait : DiCaprio est un fois de plus sensationnel, tout comme Levitt et Watanabe. Le tout complété par Marion Cotillard, splendide en femme meurtrie, et Cillian Murphy, qui confirme qu'il est un acteur indispensable dans le paysage cinématographique actuel.

Inception répond donc à toute les attentes : un divertissement réfléchit, subtil, profond, toujours efficace, et dont l'image final vous hantera des jours et des jours. Une magnifique réussite.