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Genre : Science-Fiction

Réalisateur : Lee Tamahori

Synopsis :

Chris Johnson, alias Franck Cadillac, petit prestidigitateur à la petite semaine, possède le don de voir son avenir avec deux minutes d'avance. Un don que le FBI tente de récupérer afin de localiser une attaque terroriste.

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Avis :

Lee Tamahori dans une adaptation de Philip K. Dick ? L'alchimie parait antinomique, vouée à l'échec tant l'ingéniosité de l'écrivain ne semble pas s'imbriquer avec l'incompétence du cinéaste dans le domaine de l'action (remember xXx 2 : The Next Level).

Voici donc l'histoire de Chris Johnson (ou Franck Cadillac à la scène), alias Nicolas Cage. Son don pour l'entourloupe est unanimement reconnu par les blouses noires du FBI, qui ne manquent pas une occasion de se faire discret. Mais Johnson n'est pas un arnaqueur : c'est un super-héros qui à le pouvoir de voir son avenir avec 2 minutes d'avance (ce qui est bien pratique quand on a la taupe au guichet). Évidemment, le FBI ne compte pas s'assoir sur les aptitudes de notre homme, le poursuivant jusqu'à Las Vegas, ou il se produit chaque soirs dans un show à la David Schiffer. Ces poulets le suivent même jusqu'à la tanières de M. Columbo (au rôle bien obscure), qui gazouille avec sa queue, ses boules et son trou (rien de vulgaire, je vous rassure). Évidemment, Cadillac échappe au FBI, et va alors en profiter pour aller siroter un expresso au bar du coin, attendant que la femme des ses rêves s'assied à ses cotés. Parallèlement à l'histoire d'amour de Johnson et de la traque du FBI, un méchant à l'ingénieuse idée de faire péter une bombinette à Los Angeles (les scénaristes de 24 n'auraient pas fait mieux !), afin de remettre les points sur les i. Mais l'intrigue réserve bien des surprises : on apprend en effet que le coiffeur de Nicolas Cage est en sursis et que la maquilleuse de Julianne Moore est décédé.

Qu'à cela ne tienne : Lee Tamahori décide de boucler coute que coute son film. Il colle alors un ornithorynque sur le crâne de Cage et trempe la gueule de Moore dans du talque. Mais, comme un incident n'arrive jamais seul, Jessica Biel joue comme un chausse pied et le responsable des effets-spéciaux est en congé maladie. Tant pis : le film sera une série B de plus dans la filmographie de Tamahori. Et tant qu'a faire, autant laisser Nicolas Cage en roue libre, improvisant ses cascades pour les séquences les plus musclés (une cavalcade à flan de montagne irrésistible) et donnant le champ libre à l'expressivité légendaire de l'acteur (voir l'hilarant article sur le site Désencyclopédie pour s'en convaincre). Il va même jusqu'à mimer une histoire d'amour avec la cruche Biel, et se fait également mater le troufion par Julianne Moore. Un casting absolument vertigineux auquel s'ajoute une magnifique touche de romantisme (qui rappel celle de Déjà-Vu... mais en déjà vu). Dans le rayon référence, Il y a aussi un gros clin d'œil fort subtile à Orange Mécanique et un twist-final made in Shyamalan, venant gentiment nous rappeler qu'il n'y avait pas de scénariste derrière le métrage. Malgré tous ses défauts, malgré la coupe de cheveux de Cage, malgré l'esthétique parfois vomitif du film, le résultat demeure divertissant et amuse beaucoup le spectateur. D'ailleurs, l'envie de revoir ce nanar une seconde fois se fait parfois sentir.

Next est donc ce qu'on appelle un plaisir coupable : on sait que c'est parfois à la limite du ridicule, mais on s'amuse bien et on y passe un agréable moment en compagnie de Cage et son système capillaire unique en son genre.