Identity

Genre : Thriller

Réalisateur : James Mangold

Synopsis :

Dix personnes qui ne se connaissent pas se retrouvent coincées dans un motel sous une pluie battante. Ils se font alors mystérieusement assassiner les uns après les autres.

Identity_2


Avis :

Après le crash public de Copland et celui de Kate & Leopold, James Mangold se jète alors à corps perdu sur Identity, thriller puzzle avec une point de paranormal.

Voila un thriller bien intriguant. Dix personnes, qui ne se connaissent ni d'Adam ni d'Eve, se retrouvent cloitrés dans un miteux motel, ou se cache un mystérieux serial-killer. Dés le générique, le film nous met dans l'ambiance : un psychiatre gribouille ses notes au rythme de l'interview enregistrée d'un fou furieux. Ensuite vient la mystérieuse annonce d'un transfert de prisonnier mis en stand-by pour un nouveau procès, puis vient le motel. La présentation de celui ci fait vraiment froid dans le dos : alors qu'une averse biblique vient cloisonner ce bon vieux motel, avec en fond un orage tous ce qu'il y a de plus criminel, le gérant, alors en train de regarder La Roue de La Fortune, reçoit la visite d'un homme et de sa femme, ensanglanté qu'il porte à bout de bras. Avec un tel mélange, on se doute qu'il y aura un fil conducteur mais lequel ? Puis Mangold vient tout bousculer, montrant dés lors l'encastrement des vies via des flash-back d'une grande lisibilité, afin d'expliquer l'installation temporaire des héros dans le motel. Un début à l'image du film : efficace, rondement mené et franchement surprenant. Au fil des meurtres, on cherche qui est le coupable, alors que toutes les options s'évanouissent dans la nature. Le suspens est là, présent à chaque coin du motel, et nous lâche plus jusqu'à la fin.

Et quelle fin ! Le film peut se targuer d'avoir deux twists. Le premier sur les raisons de la présence des 10 quidam. Une explication vraiment audacieuse et original, qui lie correctement les deux intrigues. Enfin un deuxième twist, plus classique celui ci, qui vient résoudre l'intrigue en dévoilant l'identité du tueur. L'enchainement de situation montre donc la fragilité de l'identité d'un homme, et l'identité du coupable fait inévitablement appelle aux sources de ses troubles (je n'en dirais pas plus, sous peine de dévoiler la fin du film). La mise en scène est excellente, avec ce motel poisseux et énigmatique, faisant appelle indirectement (ou pas !) aux pires instincts de l'homme, à son coté vil et meurtrier. Il exploite également tous les ressorts possible, avec une pointe d'ironie, notamment lors de l'évocation par une des héroïnes des tombes indiennes placées à proximité du motel. Un contre-point satirique entre le paranormal, l'indicible, et la psychiatrie. La réalisation est excellente, concoctant de véritable séquences de frousse, avec une référence appuyée à Psychose à l'instar du premier meurtre, variation bienvenue de la scène de la douche, ainsi qu'à Shining (le second meurtre). Les autres mise à mort sont également impressionnantes (deux accidents de voiture assez hallucinants). Le tout avec un casting en or (John Cusack et Ray Liotta en tête) et une musique qui joue à fond sur l'étrange.

Identity est donc un film classique, mais efficace, bien réalisé, interprété, et qui réserve son lot de surprise. Du bon travail bien fait.