16_Blocs

Genre : Action

Réalisateur : Richard Donner

Synopsis :

Franck Moseley doit escorter un prisonnier au palais de justice de Brooklyn avant 10 heure afin qu'il témoigne dans une affaire de subordination de témoins.

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Avis :

Devenu un producteur influant à défaut de redevenir le légendaire faiseur de gros film d'action, Richard Donner persiste et replonge dans le genre avec 16 Blocs.

Autant le dire tout de suite : ce métrage n'est pas le film de la maturité. A défaut de renaitre de ses cendres bien consumés, ou de nous larguer des séquences cultes à tout vas, le réalisateur, déjà bien fatigué, nous livre un thriller d'action pépère, très troisième age, même si, faut bien l'avouer, les rouages archi-revus viennent encore titiller notre soif de divertissement. Quoi de mieux donc de voir un flic aussi imbibé de bourbon que droit dans ses bottes protéger vaille que vaille un honnête prisonnier chargé de précipité le départ à la retraite de quelques camarades de ce vieux soulard d'inspecteur. Commence alors une course contre le temps bien balisé, avec son lot de plan sur des horloges, et de petits accrocs explosifs. Rien de bien méchant donc, avec, comme toujours, un flic en quête de rédemption (parce que il est pas tout blanc notre bon vieux poulet), un petit gangster qui veut s'en sortir en montant sa propre boite de pâtisserie (vive l'American Way Of Life, ou même le plus verbeux des loubards peut s'enrichir), et entre les deux, un bon vieux cow-boy criminel, mâchant méchamment son chewing-gum pendant au moins une bonne heure et demie. Rien de bien innovant donc de ce coté la, avec quelques nuances par ci par là qui font que le film n'est pas totalement aseptisé.

Au moins, le film compense par un sens aigu du divertissement. Bien que cela ne vole jamais trop haut, on peut féliciter papi Donner de ne pas faire du raz-motte. Il sait gérer sans encombre les moments d'action, avec quelques coup de feu gentillement maitrisés, quelques taules froissés bien sentis, et même quelques tâchage de chemisettes. Entre deux séquences de fumage de poudre, on a le droit à quelques dialogues afin de replacer le tout dans son contexte initial. C'est clair, sans prise de risque, et l'objectif est calmement remplit. Tout comme les dialogues : il faut dire qu'ils ont mis le paquet les scénaristes, surtout pour le personnage d'Ed, qui n'arrête pas de tchatcher tout au long du film sur des problèmes existentielles telle que "qui tu prendrais dans ta caisse si t'avais qu'une place" ou alors "les bagnoles de flics c'est pas confortable et sa pue la gerbe et la javel".  Alors certes, c'est pas l'Arme Fatal, mais il y a quelques bonnes répliques qui font mouches ("Je pense que la vie est trop longue et qu'les gars comme toi la font paraitre encore plus longue"). Enfin, la distribution tient bien la route : Bruce Willis joue parfaitement le flic déprimé (par quoi ?!), trimbalant formidablement sa carcasse alcoolisé, Mos Def est le type parfait pour jouer le gars super sympa mais bien chiant, et David Morse s'amuse comme un fou avec son chewing-gum et son bouc machiavélique à souhait.

16 Blocs est donc un petit divertissement sympa, avec ce qu'il faut d'ingrédients pour ne pas ennuyer le spectateur. Du travail sans génie mais honnête.