Sixi_me_Sene

Genre : Fantastique

Réalisateur : M. Night Shyamalan

Synopsis :

Le docteur Malcolm Crowe à pour charge de s'occuper de Cole Sear, un petit garçon sujet à de terrible trouble psychologique.

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Avis :

Premier film d'un cinéaste qui nous à tour à tour séduit et déçu, Sixiéme Sens est un film qui a également passé par tous les stades de la célébrité, d'œuvre culte à film surestimé.

Le film de M. Night Shyamalan est pourtant un excellent métrage qui, à son époque, constituait un magnifique tour de force scènaristique que seul quelques jeunes cinéastes (Brian Singer et son Usual Suspect, David Fincher et The Game) ont pu approcher. Shyamalan débarque donc ici pour ajouter du fantastique à cette technique devenu, au fil des années, un genre à par entière (c.f. le film à twist). Et à la première lecture du film, il y a rien à redire : on se fait joyeusement baladé comme des andouilles. On ne devine jamais la fin, ce qu'elle va changer pour les personnages, ce qu'elle va changer pour le film. Car Shyamalan brouille parfaitement les pistes de son dénouement en utilisant des techniques simples mais qui ne soulève aucune interrogation chez le spectateur. Techniques que l'on perçoit d'ailleurs qu'a la seconde vision du métrage (par exemple, Malcolm Crowe n'interagit avec personne si ce n'est avec l'enfant). Mais le film ne se résume pas qu'a un simple twist final, mais est plus que cela. Ce récit, c'est surtout la possible rédemption d'un homme à travers un cas "psychiatrique" qui est le même que celui qui causera sa perte au début du métrage. Un beau message, certes simple par rapport à l'énergie déployé par le cinéaste/scénariste pour nous surprendre, mais qui à le mérite d'apporter quelque chose de romantique et de bon dans ce film.

La spécialité du film, et plus largement des films de Shyamalan, c'est de mettre en scène des sentiments vrais. Même si cela est parfois mis en scène de façon ridicule (dans Phénoménes par exemple), l'atout de Sixiéme Sens est de faire preuve d'authenticité sans en rajouter. La relation entre la mère et son fils prend d'ailleurs beaucoup de place et réussit à tirer quelques larmes aux spectateurs. Ceux entre Malcolm et sa femme sont également poignant, même si moins bien réussit. En tout cas, elle ponctue d'une bien belle manière le récit, ne se contentant pas d'aligner bêtement les apparitions fantomatiques. D'ailleurs, ces séquences de frousse sont bien, mais, tout comme le dénouement, une fois passé le cap du premier visionnage, l'effet s'estompe fortement. Succède donc plus une atmosphère mélo-dramatique, avec une pointe de rédemption (pour le point de vue de Malcolm) et de confiance en soi (pour le point de vue de Cole), avec tout ce que cela comporte d'obstacles (schéma repris plus tard dans Incassable). Quoi qu'il en soit, l'émotion demeure palpable, notamment grâce à l'excellente brochette d'acteur. Bruce Willis est impeccable, jouant de façon juste le psychiatre torturé sans en rajouter dans le larmoyant, et Toni Collette est excellent en mère dépassé. Mais c'est bien évidemment Haley Joel Osment qui convainc le plus, sobre mais efficace, réussissant à nous toucher en plein cœur.

Sixiéme Sens est donc un très bon film. Bien que l'effet de surprise et de suspens ne résiste pas au différente lecture, il n'en reste tout de même un excellent mélo-drame.