Les_Cavaliers_de_l_Apocalypse

Genre : Thriller

Réalisateur : Jonas Akerlund

Synopsis :

Un tueur en série sévit, ayant pour thème les 4 cavaliers de l'apocalypse. L'inspecteur Aidan Breslin tente alors d'enquêter sur ce meurtre tout en reconstituant un climat familiale stable depuis la mort de son épouse.

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Avis :

Une fois de plus, Bay appose son nom sur un film dont le réalisateur sort de nul part. Et visiblement, il n'a pas appris ses gammes de cinématographie.

Ah ! Que c'est beau les références ! Car l'indéniable (et seul) effort artistique de ce long métrage, c'est de nous repasser Seven au fer à repasser : on garde le matériaux d'origine en y gommant tous les reliefs. Le reste, ce n'est que pur fumage, nous aspergeant de banalité d'une insondable crétinerie. Car un film de ce gabarit fonctionne en grande partie par son intrigue. Malheureusement, le scénariste a préféré se fourrer sa plume dans l'oeil plutôt que de s'en servir pour écrire une histoire intéressante et cohérente. Ici, un personnage un peu barré se plaie à créer des suspensions humaines sur fond de prophétie biblique et de cavaliers de l'apocalypse. Dés lors, tout est copié sur le film de Fincher : le gimmick en lettre de sang placardé sur chaque scènes de crime, l'interrogatoire d'un tatoueur agité du carafon (rappelant celui, dans Seven, du commerçant SM), le flic noir qui ne comprend plus ce monde, et allant même jusqu'au petit indice retrouvé dans l'intestin d'une victime. Tout cela fleur bon donc le gros plagiat pas bien subtile, qui n'est pas pardonné par le déroulement de l'intrigue. Le film oscille entre les déboires familiaux du flic (avec toujours un méchant non dit et des rancunes) et l'enquête. Alors tantôt, le film est aussi chiant qu'une messe dominicale, tantôt il est ficelé par dessus la cuisse. Les évènements se succèdent de façon abruptes, sans queue ni tête, avec des pistes avortées alors qu'elle ne sont qu'à l'état d'embryon, et l'on comprend pas bien les motivations de tout cela. Une histoire qui demeure sans conséquences puisque le film se termine sur un gros blanc, avec une morale instable et franchement nauséeuse (en gros : les parents sont tous des gros cons qui se foutes totalement de leurs mioches).

Une fluidité pas du tout aidé par le montage à la va que je te pousse. Le réalisateur veut montrer qu'il maitrise la grammaire du montage : du coup, vas y que je te bourre le film de fondu enchainés, et vas y que je te case des fondus au noir. Le film s'embourbe alors dans des successions d'images qui ne sont pas du tout agréable pour la rétines. Niveau hémoglobine ensuite, c'est la soupe à la grimace : il faut attendre 50 minutes pour voir enfin une mise à mort digne de ce nom, ou l'on sert un peu les poings. Le reste, ce sont des scènes de crimes vaguement spectaculaires, avec des allusions bibliques très mal exploitées et trop abstraites pour être passionnantes, ou l'on ne ressent pas cette descente aux enfers promise par la chinoise tueuse. Tout semble stérile, sans liens et sans aspérité, tout comme l'interprétation des acteurs. On a envie de donner un dragée FUCA à notre bon vieux Quaid, plus constipé que jamais, et flanquer une bonne paire de baffes à Zhang Ziyi pour qu'elle arrête de sur-jouer la Catherine Tramell biblique. Enfin, Clifton Collins Jr. et Barry Shabaka Henley sont magnifique de transparence. Le tout sur une musique qui grossit brillamment le trait, tout particulièrement lors des séquences émotions d'une abominable niaiserie.

Les Cavaliers de l'Apocalypse est donc une magnifique boucherie artistique. Ne le regarder surtout pas car quand la lecture sera commencé, il ne vous restera que vos yeux pour pleurer.