Prince_of_Persia

Genre : Aventure

Réalisateur : Mike Newell

Synopsis :

Dastan, fils adoptif du roi de Perse, mène une bataille contre une cité que les fils du roi soupçonne de trahison. A l'issue de cette bataille, le roi de Perse est assassiné et tout accuse Dastan. Dans sa fuite, il emporte Tamina, princesse de la ville assiégé, et une mystérieuse dague.

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Avis :

On est loin du Mike Newell de Quatre Mariage et Un Enterrement, mais plus proche de celui des Harry Potter. Il récidive donc ici pour le pire.

On a vu des vertes et des pas mûr dans les adaptations de jeux-vidéo. La seul qui a du caractére demeure Silent Hill, injustement décrié par le public. Prince of Persia s'apparente plus à un film de Uwe Boll qu'a un film de Gans tant la nouvelle production Bruckheimer sent le rabibochage et le trucage à plein nez. Abordons tout de suite les points forts du film, avant de passer aux choses sérieuses. Les décors sont très beaux, la musique, tout droit sortit de Lawrence d'Arabie est majestueuse, et Alfred Molina est très ridicule, voire inutile, mais très drôle en bookmaker de courses d'autruches. Voila tout ce que l'on peut sauver des 2h06 de métrage. Et encore, ces bons points, faut avoir le courage de les chercher tellement c'est une épreuve d'affronter ce divertissement. Pour le reste, tout est à jeter, mise à part peut-être les tablettes Lindt de Gyllenhaal (pour les filles) et la rutilante carrosserie de Aterton (pour les garçons). Premièrement : l'histoire. Mon dieu que c'est long, ultra prévisible (le réalisateur créer un suspens autour de l'identité du traitre alors qu'on là deviné depuis des lustres) et pétrie de thématiques martelés jusqu'à épuisement (le destin, le destin, encore le destin... et puis une petite touche de destin à la fin). Sans compter que le cinéaste prends son public pour une bande de siphonnés du bocal en nous ré-expliquant un million de fois que la dague magique sert à remonter le temps. Le film tente également quelques incursions maladroites dans le domaine politique, notamment avec cette triste histoire de forge qui n'existe pas (Arme de Destruction Massive, quand tu nous tient !). Deuxièmement : la réalisation est affreuse. Des tonnes de travellings à 360 dégrée, de camera virevoltante, d'affreux bullet-time pour valoriser des scènes d'action qui ont de spectaculaire que le nom.

A peine une heure de film plus tard, la coupe déborde déjà. Les péripéties s'enchainent mécaniquement : on va ici, on prend ça, on revient là, on doit mettre le bidule dans le machin mais il y a des yamakasis en tong qui sautent partout, une autruche suicidaire et des lanceurs de poignards tout droit sortie de chez Patrick Sebastien. 30 minutes (qui en font en réalité 120) plus tard, le cerveaux s'est détaché de la boite crânienne, le spectateur, lobotomisé, devient alors un véritable Terminator : il ne sent plus la soif, ni la faim, ni la douleur. Il regarde mais ne pense plus, il ne voit plus le montage fait à la truelle, les mouvements de camera nauséeux et les dialogues grotesques. Les acteurs deviennent des pantins sans vie au service d'un récit qui s'enfonce de plus en plus dans les sables mouvants de la bêtise. La fin dure une éternité, on se demande d'ailleurs si il va y avoir une fin un jour. Le duel arrive à petit pas, Kinglsey se débattant pour faire croire que son personnage est méchant et Gyllenhaal continue à montrer ses biceps. Le génèrique de fin se dévoile et la conclusion s'impose alors d'elle même : qu'est ce qu'on s'est emmerdé ! Le pire, c'est qu'a part quelques passages qui font cinématiques de jeux-vidéo, ce film n'a pas grand chose en commun avec le matériaux d'origine.

Prince Of Persia est donc, au final, un film superbement immersif : on a jamais vu une traversé du désert aussi fastidieuse et longue.