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Genre : Drame

Réalisateur : Sidney Lumet

Synopsis :

Andy et Hank Hanson, deux frères qui font face à des problèmes financiers de plus en plus pesant. Afin des les résoudre, ils décide tout deux de braquer la bijouterie de leurs parents.

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Avis :

A 82 ans, Sidney Lumet reste encore actif et montre qu'il peut encore nous enflammer pour des films monstrueux. Il revient avec 7H58 Ce Samedi Là, un énième chef d'œuvre dans la filmographie du cinéaste.

La famille, autant d'amour que de trahison, autant de désirs que de frustrations. Sidney Lumet capte magnifiquement cet esprit tortueux pour y construire un grand drame famille, une véritable tragédie grec, avec ses héros bouffés par leur désirs insatisfaits, avec ses dilemmes et sa spirale infernale. Le récit de la famille Hanson, c'est la chute des valeurs familiales, la mise en relief de l'impuissance de chacun des personnages du récit, et également des frustrations familiales. Une chute activée par le fameux braquage, raté dans toute sa splendeur par Andy, envieux et jamais rassasié (il continue de se droguer, à faire ses malversations), et Hank, père médiocre et lâche. De cet évènement, le réalisateur construit donc sa descente aux enfers, ou l'amour se transforme en haine (voir l'intense final entre Andy et son père), ou l'honnêteté maritale n'existe plus (la femme d'Andy le trompe avec son frère) et de respect envers ses ancêtres (le crime originel des deux frères). Le réalisateur insuffle de la force à ses thèmes, un réel désespoir au sein de cette famille sur les rotules. D'ailleurs, le titre français du film est fade à coté du titre original, illustrant parfaitement le désespoir des personnages (Before The Devil Knows You're Dead - Avant que le diable n'apprenne ta mort). Le diable n'est donc jamais loin, et ses personnages ne peuvent que prier pour que celui ci leur laisse une lueur d'espoir, une possible rédemption.

La spirale infernal dans laquelle sont plongés les personnages est très bien illustrer par le traitement de cet histoire. Le réalisateur n'en finit plus de revenir en arrière, de montrer les points de vues des différents personnages. Le montage nous plonge directement dans cette spirale, nous ramenant à chaque fois vers le pêché originel que commet Hank et Andy. Un style parfaitement maitrisé par Lumet, captivant sans cesse l'attention du spectateur par ses changements de point de vue et de temporalité, maintenant une tension dans le récit par une excellente mise en place des enjeux, le tout sans jamais perdre le spectateur en cours de route. Une mise en scène impeccable à laquelle s'ajoute la brillante performance des acteurs : le duo que forme Philip Seymour Hoffman et Ethan Hawke est sublime, tout comme le magnifique jeu de Marisa Tomei. La palme revenant sans aucun doute à l'impressionnant Albert Finney, poignant en père/époux esseulé, ainsi qu'a Rosemary Harris, qui impose un respect immédiat à l'image. Enfin, la composition de Carter Burwell insuffle un souffle de lyrisme, augmentant merveilleusement la puissance dramatique du métrage.

7h58 Ce Samedi Là prouve donc que Sidney Lumet est encore capable du meilleur. Ce drame familial, poignant et sublime, est la pour le prouver.