No_Country_For_Old_Men

Genre : Thriller

Réalisateur : Les Frères Coen

Synopsis :

Llewelyn Moss, caporal à la retraite, découvre une mallette pleine d'argent au milieu désert Texan. Il la prend, sans savoir qu'il a à ses trousses un dangereux psychopathe et un shérif bienveillant.

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Avis :

Après quelques films mineurs (Ladykiller, Intolérable Cruauté), Les Frères Coen reviennent en très grande forme avec No Country For Old Men - Non, Ce Pays N'est Pas Pour Le Vieil Homme, adaptation éponyme du livre de Cormac McCarthy.

Le film des Coen s'articule comme leur premier succès, Fargo : le trio de personnage, le paysage imposant, le poids de l'argent. La différence, c'est que le film s'impose comme un véritable western et non une transposition de celui ci. Il y a le bon, le shérif Bell, qui tente d'enrayer la machine avant que tout ne lui échappe. Un shérif perdu dans ce monde irraisonné et corrompu, produit d'une guerre qui l'est tout autant (le Vietnam). Une perdition illustrer brillamment par l'esprit vagabond du personnage et par le rêve final, magnifiquement évocateur (avec la notion de feu chère à McCarthy, auteur également de La Route). Il y a ensuite la brute, Anton Chigurh, un tueur froid psychopathe qui ne répond à aucune motivation, aucun sentimentalisme. Il a un regard extrémement critique envers la société et son matérialisme. Il vie pour tuer et rien ne pourra l'arrêter. Le portrait de ce tueur est vraiment très bien brossé, très proches de la réalité notamment par ses rituels (le jeu du pile ou face). Enfin il y a le truand, Llewelyn Moss, qui veut à tout pris garder cet argent qui ne lui appartient pas. Il est l'un des résultats du Vietnam avec notamment le personnage Carson Wells, tueur à gage qui, contrairement à Chigurh, répond à la logique marchande. Tout ce petit monde compose un récit riche en paraboles (héritage, ancêtre, décadence de l'humanité, monde en implosion, le Vietnam, matérialisme), appartenant aussi bien à l'univers des Coen (The Big Lebowski, Fargo) qu'a celui de l'auteur, Cormac McCarthy.

Il est important de souligner que la traduction française du titre américain est médiocre. En effet, ce n'est pas un mais tout les vieux hommes qui sont largués. Dans le film, on retient principalement le shérif, mais il y a également l'ancien équipé de son père ainsi que le shérif d'El Paso qui sont totalement à la ramasse. Le flic est ici très différent de la débonnaire Marge dans Fargo, certes lunaire mais lucide et encore dans le coup. Ici, les vieux flics, bercés par des modèles de grands shérifs, sont plus du tout dans le coup. D'ailleurs, Tommy L. Jones rend parfaitement compte du détachement total que vit son personnage au sein du monde via son visage, impassible, et son débit, très lent. Face à lui, Javier Bardem incarne à la perfection Anton Chigurh, être difforme, au teint blanc cassé, aux yeux opaques et affublé d'une coupe de cheveux totalement surréaliste. Josh Brolin est également excellent en chasseur devenu la proie d'un authentique chien fou. Woody Harrelson et Kelly McDonald complète parfaitement le casting. La réalisation demeure brillante quel que soit les conditions, en plein désert, lors de dialogues toujours très affutés, ou bien lors de magnifiques séquences de tension, notamment la partie de cache cache dans le motel, point d'orgue du film. L'écrasant paysage du Sud des États-Unis fait le reste, perpétuant l'indélébile solitude des personnages.

No Country For Old Men constitue avec l'une des meilleurs création du duo. Un divertissement haut de gamme, ou les personnages sont les piliers d'un récit passionant.