L_exorciste

Genre : Horreur

Réalisateur : William Friedkin

Synopsis :

Chris McNeill, actrice, vie une existence paisible avec sa jeune fille, Regan. Mais progressivement, celle ci développe un comportement de plus en plus troublant.

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Avis :

L'Exorciste de William Friedkin est l'un des rares films à pouvoir se vanter de traverser les époques sans jamais perdre de sa superbe et de son efficacité.

Un phénomène qui part dans un premier temps de l'idéologie que véhicule le film. On peut y voir un horrible brûlot sur la psychiatrie et la religion. D'un coté, la médecine qui demeure impuissante face au cas Regan, tentant vainement de trouver la source du déséquilibre de la jeune fille par des procédé affreusement archaïque. De l'autre, la religion qui tente bon gré mal gré de trouver sa place dans ce monde nouveau, entre la métaphysique et la psychologie, quitte parfois à renier l'essence même de son existence et à se murer dans le silence. On peut voir aussi dans ce récit la lente détérioration de la jeunesse. En effet, bien avant que Regan soit possédé, elle semble déjà très indiscrète envers la vie sentimentale de sa mère et possède même un ami imaginaire. Bien évidemment, cela va de mal en pi avec sa possession, ou l'on voit la détresse d'une mère qui ne reconnait plus sa gentille fille. On se demande même si ce mal, cette dégradation, cette décadence verbale et physique au sein d'une société prude, n'est pas contagieuse. Une ambiguïté soulevé par le personnage du réalisateur, dont les circonstances de la mort reste toujours mystérieuses (à t-il été tué par Regan ? ou était t-il lui même possédé ?), et renforcé par le tragique final.

Mais une question reste en suspend : pourquoi ce film fait il peur à ce point ? Dans un premier temps, c'est l'impeccable réalisation de Fridedkin qui répond à cette question. Elle entre vraiment au cœur de son sujet, elle sait être statique et laisser la peur s'installer d'elle même. C'est aussi par les décors et la photographie que le malaise s'installe. Ce sont des décors naturels, mais baignés soit par des couleurs chaudes, rougeâtres (la parti en Irak), soit par des couleurs très froide, avec une lumière extrémement cru et blafarde. Enfin, le rythme pèse également dans la balance, laissant parfaitement s'étaler les phases dialogués, pour ensuite faire entrer brutalement l'horreur au cœur du quotidien, sans jamais le surligner musicalement. Un modèle de peur primitive et pure, qui à le mérite de laisser le spectateur toujours sur la corde raide, quelque soit les scènes. Enfin, faut également parler de l'excellente interprétation, que cela soit la terrifiante Linda Blair, ou l'imposante Ellen Burstyn dans une beau rôle de mère dépassé par les évènements. On ressent parfaitement chez elle son désarrois et sa colère. Une très belle interprétation qui n'a rien à envier à celle de Blair et de ses confrères, notamment Jason Miller, très juste en prêtre psychologue.

L'Exorciste est donc un monument du cinéma car il traverse les ages avec toujours la même efficacité et une toile de fond toujours d'actualité.