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Genre : Drame

Réalisateur : Sam Mendes

Synopsis :

Michael Sullivan travail en tant qu'homme de main pour M. Rooney, un maire qui est également le parrain de la mafia irlandaise de la ville. Un jour, le petit Sullivan assiste à l'exécution d'un homme par Connor Rooney, fils du parrain, menaçant ainsi la pérennité des affaires. Afin de camoufler cela, Connor décide alors d'éliminer la famille Sullivan.

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Avis :

Après le monument American Beauty, Sam Mendes se détourne du présent pour se plonger dans la passé : les Etats-Unis des années 30.

Pourtant, même si l'intrigue de Les Sentiers De La Perdition s'installe dans les années 30, Mendes ne perd pas de vu ses thèmes de prédilection. Toujours avec la même délicatesse, il esquisse un portrait de famille tourmenté, déchiré et abattu par l'existence. C'est donc une description très complexe de la famille qu'il dépeint dans ce film. D'une part la dualité entre deux frères qui semblent prendre deux directions différentes : Michael Sullivan Jr. trace son chemin derrière son père alors que Peter Sullivan semble s'en détourner, tout comme Michael Sullivan Sr., empruntant le sentier de son père adoptif (John Rooney), alors que son demi-frère, Connor Rooney, semble tourner le dos aux valeurs familiales. D'autre part, le poids de la figure paternelle dans l'équilibre social et identitaire du fils, qui oscille entre détachement physique et reproduction psychologique. Un équilibre qui passe, selon le cinéaste, que par la mort du père. Les Sentiers De La Perdition, c'est donc une autopsie finement ciselé de la famille dans ce qu'elle a de plus étrange et de plus instable. Mais il y passe également une petite critique du système économique de l'époque (critique encore valable aujourd'hui), ainsi qu'une magnifique ébauche d'un personnage de tueur à gage psychopathe, véritable produit d'une société cruelle et malade.

Une profondeur que vient porter la magnifique réalisation de Sam Mendes. Par son académisme de plus en plus éblouissant, il magnifie chaque scène du sceau de la pudeur, aussi à l'aise dans un ballet meurtrier sous une pluie battante que dans les échanges cérémonieuses entre un père et son fils. Avec ce film, le réalisateur confirme donc tout le bien que l'on pensait de lui avec American Beauty. Vient s'ajouter à cela l'exceptionnelle performance du casting. Tom Hanks incarne avec beaucoup de fermeté un personnage très ambiguë, à la fois féroce et terriblement tourmenté, Jude Law campe avec maestria un meurtrier psychopathe, et Daniel Craig impose magnifiquement la brutalité de son personnage. Mais ce film, c'est surtout l'ultime apparition physique de Paul Newman, qui délivre ici une sublime performance d'acteur, insufflant à son personnage une force tranquille désarmante. Enfin, dernier élément capital dans ce film : la musique. Entre sonorités irlandaises d'une parfaite authenticité et souffle lyrique d'une rare intensité, Thomas Newman, compagnon musical de Mendes, compose une bande son exceptionnel, qui embrasse magnifiquement l'atmosphère mélancolique du film.

Les Sentiers De La Perdition est donc un bijou de mise en scène et de profondeur, qui bénéficie de la brillante orchestration de Sam Mendes et de la puissance de ses interprètes.