Kick_Ass

Genre : Super-Héros

Réalisateur : Matthew Vaughn

Synopsis :

Dave est un étudiant qui tente tant bien que mal d'exister. Il décide alors un jour de se transformer en justicier, se faisant appeler Kick-Ass. Il sera rejoint par Big Daddy, Hit Girl et Red Mist afin de lutter contre le crime organisé de New-York, chapeauté par Franck d'Amico.

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Avis :

Après l'excellent Layer Cake et Stardust, Matthew Vaughn revient avec son adaptation tant attendu du comics Kick-Ass. Le résultat est à la hauteur de l'évènement.

Les trailers ainsi que les nombreuses interviews de Vaughn nous annonçaient un film haut en couleur et subversif. Le résultat ne se fait pas attendre : oui, le film est haut en couleur et oui, il est subversif. Passé la séquence d'ouverture (présente dans toutes les bandes annonces), le film développe ses personnages avec enthousiasme et un sens de la référence appuyer. D'un coté Dave, ado gentillement geek passionné de comics et qui fantasme (comme tous les ados) de se faire la fille de ses rêves. Un portrait plutôt cru et réaliste de la vie d'étudiant. De l'autre, Damon et sa fille Mindy, un couple qui s'épanouit totalement dans leur passion commune pour l'auto-défense et le port d'arme. C'est d'ailleurs ce tandem, à la fois drôle et horrible dans la nature de leur relation, qui porte le coté subversif de l'intrigue, à un moment ou l'Amérique remet en cause la loi sur le port d'arme. Dave, lui, correspond plus au modèle d'adolescent impuissant socialement, qui ne peut passer que par l'anonymat d'un super-héros pour enfin livrer sa vraie personnalité, et possédant une vision très juvénile du combat entre le bien et la mal (chose qui change à la fin du film). Par ailleurs, le film s'inscrit parfaitement dans le contexte de notre époque, montrant à la fois la puissance d'internet face à la télévision (qui ne fait simplement que relayer l'information du net), l'individualisme (sans jamais non plus pointer du doigt ou stigmatiser une partie de la population), ou encore les phénomènes de mode. Un fond qui n'est certes pas exposer de façon philosophique ou d'une façon appuyé, mais qui a le mérite d'être présent, donnant ainsi un peu de consistance au film.

La forme du film suit avec brio. On retrouve la touche stylé de Layer Cake, avec des ralentis pas lourd, toujours utilisé avec à propos. Une aisance qui s'épanouit magnifiquement durant les séquences action frissonnantes, ne pâtissant jamais du style très surligné du cinéaste. On voit tout et on se régale à voir Hit Girl dézinguer les méchants trafiquants à coup d'armes blanches. Le film atteint même les cimes de l'adrénaline le temps d'une fusillade dans le noir, réunissant l'efficacité à une brillante puissance dramatique. D'ailleurs, le film remplit très bien son contrat de pur divertissement : on ne s'ennuie pas, le spectacle ne semble pas vain, et on s'amuse beaucoup avec les personnages. Il faut dire que les acteurs sont tous excellents. Si on découvre Aaron Johnson (Kick-Ass) Christopher Mintz-Plasse (Red Mist), c'est surtout Chloé Moretz qui tranche dans le vif du film avec son interprétation parfaitement jouissive de la petite Hit Girl, ainsi que la redécouverte d'un Nicolas Cage qui apporte toute sa folie capillaire et son talent d'acteur "no limit" (voir son ultime scène) au service de son personnage à la Batman (aussi bien dans le look de son costume que dans ses meurtrissures). Enfin, félicitons Mark Strong, très convaincant dans son personnage de parrain méchamment incontrôlable.

Kick-Ass est donc un pur divertissement, qui a remplit parfaitement le cahier des charges que le réalisateur s'était fixé. Un moment de pur détente et de folie garantit.