A_l_Origine

Genre : Drame

Réalisateur : Xavier Giannoli

Synopsis :

Paul, un escroc, se fait passer pour Philippe Miller, un responsable de chantier. Il tombe alors sur un chantier d'autoroute en friche, et décide donc de le remettre en activité, tout en s'accordant des dessous de tables des fournisseurs du coin. Mais l'effervescence de la commune voisine va tout changer.

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Avis :

Après son très réussit Quand J'Etais Chanteur, Xavier Giannoli passe à l'étape supérieur avec A L'Origine, film parfaitement dans l'ère du temps.

A L'Origine est très loin du film auquel ou pourrai s'attendre. On est très loin des films à l'américaine, à savoir un escroc qui est très gentil au fond et qui est sympathique comme tout. Faut dire que Xavier Giannoli n'a pas les mains libre pour ce second film puisque il s'attache à un fait et un personnage qui a réellement existé et qui à réussit, avec beaucoup de magouille, à construire une parcelle d'autoroute. Ici donc, le réalisateur s'attache à un personnage très loin d'être parfait. Le soi disant Phillipe Miller est un escroc qui ne vole bien sur pas aux pauvres, mais falsifie son identité afin d'avoir accès à du matériel haut de gamme pour ensuite le revendre à son receleur. Ce n’est vraiment pas glorieux et, surtout, il est loin d'être sûr de lui (rien qu'au début, il serre plusieurs fois les fesses). Un personnage très complexe, qui sort de l'ordinaire par son absence de bonhomie et de naturel. Pendant une majeure parti du film, Miller est froid, très distant et totalement piégé par l'effervescence de la commune. Un portrait d'homme brillamment brossé car insaisissable. Il semble à la fois emporté par les ouvriers, content de reprendre l'activité, et également emporté par son envie de se faire de l'argent.

La débrouillardise, c'est le thème du film. Tout ces personnages, y compris l'arnaqueur, tente de se débrouiller comme ils peuvent : Miller escroque, la jeune Monika multiplie les boulots, son amant Nicolas deal de la drogue, Stephane, la maire, occupe des fonctions dont elle n'a pas la carrure. Pourtant, tous trouve dans leur relations avec les autres un moyen de se sauver de ce merdier. Car le film, c'est également le triste constat de l'échec de la ré-industrialisation des communes et également l'échec des politiques (subventions, travaux public). Tout le monde veut donc croire à un futur, et ce même si il est incarné par un escroc. Escroc magnifiquement interprété par François Cluzet, toujours sur la corde raide au niveau des sentiments. A ses cotés, l'inébranlable talent de Emmanuelle Devos fait encore des étincelles, et on découvre deux talents à suivre : Stéphanie Sokolinski et Vincent Rottiers. Seul bémol face à un récit cohérent et riche : l'intrigue subsidiaire, incarné par Gérard Depardieu, qui fait un peu office de remplissage. Mais cela n’enlève rien à la qualité du métrage, ce morceaux ne représentant que 10 minutes de film (sur 2h15, ce qui fait assez peu).

A l’Origine est donc un magnifique film sur la nouvelle France, endeuillée par son glorieux passé de pourvoyeur d’emploi.