American_Beauty

Genre : Drame

Réalisateur : Sam Mendes

Synopsis :

Lester Burnham végète dans sa vie : modeste employé de bureau, mari laissé de coté et père maladroit, Lester mène une existence morne. Il décide alors de tout changer et de reprendre sa vie en main.

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Avis :

Sam Mendes réalise en 1999 son tout premier film, et signe également son premier gros succès, aussi bien critique que public. C'est aussi le début d'un vrai parcours de cinéaste.

American Beauty n'est pas un film comme les autres. C'est le film qui construit le Mendes cinéaste et observateur de la vie quotidienne américaine. Ce film constitue le terreau de la pensée d'un réalisateur soucieux d'apporter une pierre à l'édifice déjà bien imposant du drame familliale. L'atout de Mendes est dans l'extrême délicatesse avec laquelle il s'approprie les personnages et l'intrigue. Pour lui, la famille, la vie de couple, c'est l'enracinement dans la routine, dans le dénie de soi et de ses désirs. Lester Burnham est un type qui aime sa femme, mais qui ne supporte plus son matérialisme et sa recherche constante d'un équilibre de façade. C'est un père qui aime sa fille, mais qui ne sait plus comment si prendre pour qu'elle l'accepte dans son cercle intime. Ce statut d'homme soumis à la vie compose la moitié du film. L'autre moitié, c'est lorsque il tente une résurrection. Mais chez Mendes, toute résurrection implique la mort. Pour Mendes, la vie est éphémère et il faut profiter le plus vite possible des petits plaisirs, à l'image de ce sac virevoltant dans les airs. Chez Mendes, la vie est un théâtre des sentiments, aussi ridicules soit-ils (l'incroyable flagellation lacrymal de Carolyn après l'échec d'une vente immobilière). Mais c'est aussi une réflexion sur la beauté, qu'elle soit symbolisée par la douceur d'une rose (la sensualité d'Angela, la copine de Jane) ou par un simple sac en plastique.

Mais rien ne serait possible sans de bons personnages. Si on retient en premier lieu celui de Lester Brunham (Kevin Spacey, parfait), héros principal du film, d'autre sont aussi très intéressants. En premier lieu sa femme, Carolyn (Annette Bening, électrisante), qui ne vie que pour son prestige et sa reussite dans son travail. Mais, dans l'immense galerie de personnages tous magnifiquement écrit, c'est avant tout celui du Colonel Franck Fitts (Chris Cooper, magnifique), acteur essentiel de l'intrigue, qui étonne et qui touche vraiment les racines du conformisme. La mise en scène est également très maline, notamment via l'utilisation de la narration. D'habitude, la voix off du personnage principal assure aux spectateurs la survie de ce personnage. Sauf qu'ici, Mendes coupe court au suspens (la voix explique de façon explicite qu'il est mort) afin de captiver l'attention du spectateur sur ses personnages et sa peinture de la société. Enfin, la musique envoutante de Thomas Newman  donne au film un cachet à la fois dramatique mais également très folklorique, voir grotesque.

American Beauty est donc une œuvre forte, satirique sur notre société (pas seulement Américaine), et pleine de bon sens. Le tout porté par d'excellent acteurs, qui campent avec force des personnages tout aussi marquant.