Dragon_Rouge

Genre : Thriller

Réalisateur : Brett Ratner

Synopsis :

L'inspecteur Will Graham est sorti de sa retraite anticipé afin de résoudre une série de meurtres. Mais pour cela, il doit s'adjoindre les services du Docteur Hannibal Lecter, tueur qu'il a fait arrêter quelques années auparavant.

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Avis :

Afin de compléter le succès de Hannibal au box-office, Dino De Laurentiis ressort sont tueur chéri pour une troisième valse qui est loin d'avoir la candeur des précédentes œuvres de la saga.

Ce nouveau Dragon Rouge (Michael Mann en avait déjà fait un film : Le Sixième Sens) est le plus impersonnel des films de cette saga. Car, face au sérieux de Demme et à la grandiloquence de Scott, le film de Ratner semble dépourvu d'âme. Il n'y a donc rien de bien méchant à sortir de ce dédale de personnages. L'intrigue posait pourtant de bonnes bases : une énième confrontation entre le flic et le tueur, reposant cette fois ci bien plus sur une profonde rancœur que sur l'indéboulonnable admiration que suscitera par la suite la jeune Clarice Starling. D'ailleurs, on sent constamment la volonté de se rapprocher du film de Demme, que ce soit au niveau casting (retour de Frankie Faison et Anthony Heald) ou par ce culte du corps entretenu par le fameux "Dragon". Mais le film n'est malheureusement pas aussi fouillé que les autres. Extrêmement démonstratif (alors que le Silence des Agneaux n'apportait aucune piste directe sur les sources du déséquilibre mental du tueur) voir vraiment trop appuyé (l'image de l'odieuse autorité maternelle est placardé à tour de bras), le film sombre alors dans une psychologie de bazar qui ne rejoint pas les répugnantes délicatesses qui faisait le sel du film de Demme, ou l'esprit foutraque de la version de Scott.

De plus, les personnages, psychologiquement pauvres, sont campés sans réel saveur. L'air emprunté de Edward Norton ne fonctionne pas, Harvey Keitel est totalement absent et le personnage du docteur Chilton perd tout de son aura égoïste et narcissique (et ce malgré les efforts louables de Heald). Seul ce démarque la précieuse ambiguïté d'Emily Watson (qui est largement le personnage le plus intéressant du film) ainsi que l'interprétation correcte de Ralph Fiennes. Quant à Hopkins, il fait le minimum, très loin de renouer avec son magnétisme passé. Le film est aussi très long, reposant uniquement sur des affrontements loin d'être attractifs (avec un florilège de devinettes dignent des phrases Carambar), ainsi que sur des visites peu "émouvantes" des lieux des crimes. Ce n'est qu'une heure plus tard que le film commence à prendre son envol, avec le lynchage médiatique organisé du tueur (l'inspecteur conduisant volontairement ou non l'ignoble journaliste dans les bras du psychopathe) et les rencontres de plus en plus morbides entre l'aveugle et le tueur, en qui il trouve une futur alliée (et pour une fois pas dépeinte comme une personne irréprochable). Mais ce regain de matière retombe très rapidement lors de l'ultime confrontation entre Graham et le Dragon qui, outre le fait d'être inutile, souille totalement l'idée dont on se faisait du tueur.

Dragon Rouge répond donc aux objectifs Hollywoodiens, à savoir final explosif et facilité d'accès. En résulte donc un thriller basique, qui perd en substance et en atmosphère pour n'aboutir qu'a un simple produit commercial.