Il_Faut_Sauver_Ryan

Genre : Guerre

Réalisateur : Steven Spielberg

Synopsis :

Après le débarquement, le Capitaine Miller est chargé de retrouver le Soldat James Ryan afin de l'informer de son rapatriement suite à la mort de ses trois frères.

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Avis :

Retour à la Seconde Guerre Mondiale pour Steven Spielberg après La Liste De Schindler. Cette fois ci, c'est sur les plages de Normandie que tout ce joue.

Quoi dire sur ce film à part que c'est l'un des plus beaux films de guerre que l'on ai jamais vu. Après avoir arpenté pendant cinq minutes le cimetière américain de Normandie, Spielberg nous plonge de suite dans l'enfer du combat : poussière, eau, sable, feu, sang. On est au coeur du combat, au cœur de la bataille de Omaha Beach. Immersion visuelle (caméra sous l'eau ou à même le sol) et immersion sonore (sifflements, sons étouffés) : cette séquence est un monument de vérité à lui seul. Une crédibilité rentabilisé par la caméra à l'épaule, poussant un peu plus la sensation de réel et de direct, indispensable pour happer le spectateur. Une séquence qui pousse également l'horreur du combat à son paroxysme avec des images choc, à l'instar de ce soldat, à terre, retenant vainement ces tripes dans son ventre. Après vingt longues minutes de combat, on est essoufflé et totalement groggy, nous permettant ainsi de se rapprocher de la détresse de tous ces soldats qui ont survécus à cet ramdam infernal. Cette séquence est à l'image du film : une approche réaliste et intime de la guerre dans tout ce qu'elle a de plus horrible. On sent aussi dans ce film l'apport indéniable de Janusz Kaminski à la photographie. Les magnifiques surexposition de lumières, les délicates nappes de tons jaunes orangés durant les brefs passages aux Etats-Unis, ce délavage de couleur sur les terres de Normandie : on ne peut que féliciter Kaminski de son immense travail.

Il Faut Sauver Le Soldat Ryan est aussi un magnifique hommage. Spielberg salut d'abord le courage de ces hommes qui ont sacrifiés leurs civilités et leurs âmes pour cet enfer, en montrant des soldats craquer sous le poids du combat, une guerre dont le moindre geste humain se paye le prix fort (voir le tragique destin de Caparzo ou l'amer leçon reçu par Upham à la toute fin du film). Mais ce film, c'est aussi un immense hommage au mère, dernier refuge d'une compassion souillée par la guerre. Ce film est donc profond, peut-être moins philosophique que l'autre film de guerre sorti en même temps (à savoir La Ligne Rouge, que je n'ai pas vu), mais Spielberg est incontestablement au summum de sa réunion entre le grand spectacle et la réflexion sur la guerre, le devoir et l'imbécilité des ordres, demandant ici de faire de l'humain là ou il n'y en a plus (parfaitement illustré par le désordre psychologique du capitaine Miller). Une magnifique leçon de courage et de reniement profond brillamment mis en avant par une bande son prodigieuse signé par John Williams. Le casting, quant à lui, fait le reste, avec un Tom Hanks superbe et un Jeremy Davies qui apporte un peu plus de complexité à son personnage de scribouillard intello.

Il Faut Sauver Le Soldat Ryan est donc une magnifique épopée guerrière ultra réaliste aussi bien dans sa reconstitution historique que dans sa peinture d'homme abattus psychologiquement.