Clones

Genre : Science Fiction

Réalisateur : Jonathan Mostow

Synopsis :

Dans un monde ou l'on utilise des clones pour exécuter les taches quotidienne, l'inspecteur Tom Greer et sa coéquipière enquête sur le meurtre de Jarid Canter, le fils du créateur des clones.

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Avis :

On avait quitté Jonathan Mostow avec le gentil Terminator 3 qui, bien que spectaculaire, ne renouait pas suffisamment avec le pessimisme des précédents opus. N'ayant pas eu assez de sa petite déconvenue avec les robots, il revient chez les clones avec Clones.

Loin d'être le nanar annoncé par bon nombre de magazines, Clones est plus un film inachevé qu'un mauvais film. Pourtant, il y avait matière à faire un très bon divertissement intelligent. On trouve dans Clones et chez Mostow la volonté de faire de ce film un petit pamphlet sur l'humanité. En décrivant un monde ou tout le monde vie par correspondance et dans un univers virtuel, le réalisateur se promettait d'en faire un film engagé, faisant évoluer notre monde vers une société encore plus technocratique et de plus en plus détaché de toute réalité sociale et psychologique. Cette stratégie cinématographique se ressent à travers tout le film par des personnages, des évènements qui viennent étayer de façon clair et intelligente le propos du film. Par exemple la femme de Greer, meurtrie par la mort de leur fils et qui ne vit que par l'intermédiaire de son clone et en se bourrant de médicament. Ou encore cette nouvelle religion du "vivre humain" imposé par un gourou rasta, rappelant le dicta actuel du "vivre ecolo". Ou bien l'hégémonie de l'apparence par ce type qui utilise un clone femme pour donner vie à ses fantasmes. Clones recèle de bonnes idées, d'excellentes pistes, multipliant les grilles de lecture.

Malheureusement, ces idées ne sont pas suffisamment exploitées. Dur d'utiliser toutes ces facettes d'un même thème en à peine 1h30 de film. C'est très difficile d'autant plus qu'il faut caser quelques séquences action pour divertir le spectateur. De plus, la transformation de Lionel Canter à la toute fin du film est assez maladroite et fausse vraiment la donne. Autre élément qui peu freiner le spectateur : l'esthétique global du film. Si dans l'ensemble on comprend facilement les motivations du réalisateur à restreindre l'intervention du numérique dans son film (les clones sont joués par de vrais acteurs), on à du mal parfois à adhérer au visuel : flashy, avec des néons façon tuning (pour cause, ou peu customiser son clones à volonté) et des perruques pas possibles (le rat mort que se trimbale le clone de Willis est immonde). On est donc dérouté par ce style très tape à l'œil. Heureusement, le film est assez rythmé (avec deux petites séquences d'action courtes mais efficaces) et les acteurs jouent vraiment bien. Mention spéciale à Bruce Willis qui, avec son regard égaré, sa brioche Pasquier et sa barbe grisonnante, donne du crédit à son personnage de flic torturé. L'épilogue est également très réussit, évitant de faire basculer le film dans la renaissance d'un "monde parfait".

Pour conclure, Clones n'est pas un mauvais film et possède même quelques qualités qui feront de lui un honorable divertissement. Par contre, il est dommage qu'il ne laisse pas suffisamment les thèmes se développer et que l'esthétique soit aussi étrange.