Daybreakers

Genre : Horreur

Réalisateur : Le Frères Spierig

Synopsis :

Dans un monde ou le monde entier s'est transformé en vampire, Eward Dalton, hématologue chez Bromley Marks, tente de trouver un substitut de sang afin de mettre fin à la traque des humains par les vampires.

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Avis :

Les frères Spierig ont mis pas moins de deux ans pour trouver un distributeur assez couillus pour lancer leur film sur le grand écran. Heureusement, grâce à la mode du vampire lancé par Twilight, le film est enfin distribué.

Autant dire que ce film ne boxe pas dans la même catégorie que son homologue prépubére. Ici, point de jeunes filles en fleur attendant patiemment de se faire embrigader par un bellâtre aux dents longues, mais un film apocalyptique de série B tendance 28 Jours Plus Tard. Et Daybreakers se réclame comme tel : un film qui se prend pas au sérieux, et qui en met plein la vue. Ce qui fait la différence entre lui et d'autres productions de son espèce, c'est son outrance assumée, son décalage volontaire qui fait de ce film un véritable bonheur. Les frères Spierig n'ont pas peur que le film tâche : jouant à peine cinq minutes avec les effets de terreur habituellement de mise dans le genre, le film verse petit à petit vers le sanglant, le trash, le gore grand-guignolesque : corps liquéfiés, démembrés, explosés, décérébrés, empalés. Les Spierig ont mis une très grosse dose de sang et de corps décharnés pour faire un film qui saigne mais qui reste drôle et jouissif par sa grandiloquence, ce qui fait que cela reste constamment regardable. Le film se lâche aussi au niveau des dialogues, assez savoureux par moment et dignes des films d'exploitation des années 60. La réalisation des séquences gores et musclées joue par ailleur avec ces effets, en y incluant quelques plans assez sympa et vraiment rigolo.

Mais, outre cet aspect purement visuel, le travail de construction de l'univers du film est également parfaitement calibré. D'un monde irréaliste (la population s'est mue en vampire), les réalisateurs arrivent sans mal à dépeindre un quotidien proche du notre par le biais de quelques tours de passe-passe brillants et malins (les pourcentages de sang dans le café). Il n'est donc pas très difficile au début de faire un parallèle avec la récente crise financière ou celle du pétrole. Un contexte parfaitement cadré par les metteurs en scène qui, en moins de 1h30, arrivent avec beaucoup d'efficacité à développer toutes les préoccupations de ce monde : un rationnement à deux vitesses (les plus riches ont les moyens d'avoir du sang humain), une humanité occultée (exterminations des humains pas loin de celle d'Hitler durant la seconde guerre mondiale) et une hégémonie de l'argent et du pouvoir. Cette ressemblance avec notre monde permet alors aux spectateurs de se plonger totalement dans l'intrigue, qui n'est pas sans rappeler celle de la trilogie X-Men. On prend donc beaucoup de plaisir, auquel contribue les acteurs, tous convaincants (en particulier Sam Neil, qui n'en fait jamais trop pour être crédible dans le rôle du méchant).

Daybreakers est donc un divertissement réussit, qui fait cohabiter avec succès le trash des séries B et l'intelligence des dernières productions post-apocalyptique. Une très bonne surprise.