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Genre : Fantastique

Réalisateur : Richard Kelly

Synopsis :

Norma et Arthur Lewis, ainsi que leur fils, tentent tant bien que mal de maintenir une vie de famille correcte. Il est simple fonctionnaire à la NASA, elle simple institutrice. Une routine que vient bousculer Arlington Steward, qui leur livre une mystérieuse boite.

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Avis :

Richard Kelly nous a habitué a ses films complexes et étranges, que se soit avec l'excellent Donnie Darko ou le très décevant Southland Tales. Avec The Box, il revient vers un récit plus équilibré mais tout aussi barré que ses précédentes création.


De la nouvelle de Richard Matheson Button Button, Kelly en garde l'intégralité pour en faire son terreaux, sa scène d'exposition. Il présente donc le couple, leur détresse financière, leur espoirs et leur désillusions, puis ce mystérieux personnage aux accents diaboliques, accompagné de sa boite cristallisant toutes les envies et les peurs du couple. La mise en place, longue dirons certains, est toutefois nécessaire au bon fonctionnement des trois quart du film. Il empreinte, par ailleurs, la même mécanique introductive que Kubrick pour son Shining : le couple, l'élément fantastique, l'enfant qui va être la source final du dilemme et une opposition des décors entre kitsch et modernité. Puis, le moment tant attendu du film arrive : la décision du couple. A ce moment précis de l'intrigue, Kelly met en place son climat dérangeant, qui frôle plus d'une fois le grand frisson, preuve qu'il maitrise parfaitement le matériaux qu'est le suspens. En parallèle de ses montées d'adrénaline, il construit parfaitement son mystère autour de la boite, d'Arlington Steward et de la finalité de cette entreprise apparemment maléfique. Un climat malsain boursouflé par la musique fantasmagorique, envoutante, poignante voir étouffante de Régine Chassagne et Win Butler, qui instaure un climat inquiétant et lyrique avec beaucoup de talent l'intégralité du film.

Par contre, les vingt dernières minutes du métrage font tomber une chape de brume sur l'histoire. On croit deviner une espèce de relecture de la bible, une sorte d'expérience mystique intrigante, voir même un complot inter-galactique, mais foutrement tarabiscotée à tel point que l'on sait pu trop si notre interprétation du film est juste ou fausse. Il faudra donc revoir une seconde, voir une troisième fois le film pour saisir grosso modo la finalité du récit. Une complexité qui est le signe d'une œuvre infiniment plus intelligente qu'elle ne le laissait paraitre dans sa bande-annonce ou dans ce qu'elle pouvait être, disposant d'une matière philosophique suffisamment riche pour donner une furieusement envie de replonger dans cette magnifique histoire (voir l'allusion à Sartre, dont la place dans le film est totalement justifiée). Surtout que le trio d'interprètes est formidablement crédible : Cameron Diaz brille de mille feux, James Marsden est magnétique et Franck Langella est impérial dans le rôle d'un Méphistophélès aussi répugnant que raffiné..

The Box est donc une excellente expérience, qui bénéficie d'un scénario aussi complexe que passionnant qui répugnera les plus cartésiens des spectateurs.