D_mineurs

Genre : Guerre

Réalisateur : Kathryn Bigelow

Synopsis :

Le sergent William James a été envoyé à Bagdad après la mort du chef de section chargé du déminage. Mais ce nouveau sergent, aux techniques peu orthodoxes, va se heurter à ses coéquipiers.

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Avis :

On avait laissé en plan Kathryn Bigelow depuis 2002 et son mésestimé K-19. Aujourd'hui, elle revient et est prête à en découdre avec Démineurs, qui est plutôt bien placé pour rafler des oscars.

On place ce film dans la catégorie "guerre" parce que il faut bien lui attribuer un genre à ce film. Mais Démineurs est loin, très loin d'être le film de guerre que l'on attend tous. C'est bien plus un drame, voir un thriller, ou même une fiction-documentaire qu'un simple et banal film de guerre. Ce film parle de la guerre. Ce film est enraciné dans un territoire en guerre. Mais il n'y a pas de guerre ou si peu. Par contre, il y a bel et bien du déminage. Mais ce travail n'est pas une besogne de soldat. C'est un devoir de reconstruction, de maintenance d'un pays en explosion. Le déminage, c'est ce qui vient après la guerre. Alors Kathryn Bigelow, la plus explosive des réalisatrices en activités, choisit de planter son film dans cette réalité du terrain très bien camouflé par les médias. C'est donc un nouvel univers que l'on découvre ici avec ce film. On est loin de l'attente de Jarhead, mais bien au cœur de l'action. Et la réalisatrice nous fait véritablement ressentir cette urgence par une caméra à l'épaule. Mais pas filmée façon reporter, mais bien comme un véritable film de cinéma. Le coté sur le vif exprimé par cette option de réalisation, allié à une maitrise parfaite de la caméra, nous permet de savourer chacun des nombreux moments forts de l'intrigue. Et si, au départ, on à l'impression d'assister à un défiler de scènette de déminage, on voit poindre au fur et à mesure du film l'enjeu de cette histoire.  

Et l'enjeu de l'histoire, c'est l'opposition entre le sergent James et ses coéquipiers. Deux vision bien différente de la guerre : pour l'un, c'est un drogue (c'est écrit sur l'affiche en plus), pour les autres, c'est une corvée de citoyen. Tous veulent rentrer chez eux, mais le sergent James est complètement à l'opposé : son addiction au chaos et à l'adrénaline de guerre l'emprisonne complètement dans son univers, et ses permission deviennent une galère qu'il ne peut supporter. Il ne vit que pour cela, s'entichant de ses exploits en gardant des reste de détonateurs. Alors, après on peut taxer ce axe psychologique comme étant assez plate, il n'empêche que le cinéma à rarement abordé cet aspect là de la guerre, en s'attardant bien plus sur le traumatisme de guerre (que le film évoque deux ou trois fois par l'intermédiaire des échanges entre un marines et son docteur). En tout cas, Jeremy Renner s'en sort vraiment très bien dans le rôle de l'électron libre en y insufflant un peu d'imprévisibilité et de naturel à son personnage. A ses coté, on retrouve de jeunes acteurs tout aussi bon (Anthony Mackie, Brian Geraghty) et quelques caméo d'acteurs au visage plus familier (David Morse, Ralph Fiennes, Guy Pearce).

Démineurs est donc un très bon film, qui retranscrit parfaitement à la fois la dangerosité du terrain et les mécanisme psychologique qui en découle.