The_Informant_2

Genre : Comédie

Réalisateur : Steven Soderbergh

Synopsis :

Mark Whitacre est cadre biochimiste chez ADM et travail activement sur un gros projet pour l'entreprise. Mais, alors qu'il reçoit un coup de film lui annoncant qu'une taupe agit au sein de la société, il décide de travailler en étroite collaboration avec le FBI afin de dénoncer les pratiques frauduleuses des cadres de chez ADM.

The_Informant


Avis :

Steven Soderbergh est trois cinéaste à la fois : il y a le Soderbergh expérimentateur (Bubble, A Girlfriend Experience), le Soderbergh grand public (Che, Trilogie Ocean's) et le Soderbergh déglingué (Full Frontal, Sexe Mensonge Et Vidéo). Aujourd'hui, on a rendez-vous avec ce dernier pour The Informant !

Au regard du pitch du film, on peut s'attendre à une espèce de parodie bouffonne de film d'espionnage sur fond de Erin Brockovich. Mais Soderbergh, très inspiré sur ce coup, livre un tout autre film. Tendant vers un gimick à la The Weather Man (portrait d'un homme ordinaire), saupoudré de Arrête Moi Si Tu Peux, le nouveau Soderbergh se laisse envahir bien plus par son personnage que par l'intrigue economico agroalimentaire que tend le cinéaste en toile de fond. C'est donc le personnage de Mark Whitacre la véritable vedette du film et non l'histoire à la Michale Crichton. Et pour cause : ce personnage est un véritable sac de nœuds, animé par des motivations tous sauf limpides. Car, tout au long du film, on se demande sans arrêt si ce type est un manipulé ou un manipulateur, un "faucon" ou un vrai débile. Une ambiguïté totale parfaitement soutenue par le double jeu mené par la mise en scène. D'un coté, on sait pas trop sur quel pied danse Mark Whitacre, si il est du coté du FBI ou de ADM. De l'autre, le réalisateur nous sert les pensées du bonhomme (qui sont toutes plus farfelue les unes que les autres) sur un plateau d'argent. Ou commence la vérité et ou termine le mensonge ? Un question auquel il n'y a aucune réponse, même venant du principal intéressé. Mais cette peinture déluré d'un personnage est passionnante de bout en bout, pour peu qu'on aime le personnage et le ton doux amer du film.

Mais concernant Mark, il est dépeint comme une véritable andouille et un timbré de premier ordre. Mais pas un de ceux qui se prend les pieds dans le tapis ou pour un sous James Bond. C'est un ignorant, totalement déconnecté de la réalité. On le présente au début comme un brillant biochimiste et de l'autre en apprenti espion totalement inconscient, déballant son magnétophone en pleine réunion. Un personnage que donne vie un Matt Damon bouffi et survolté, imprégné par son personnage jusqu'au moindre détaille (le super défilé de cravate hideuse). Un croyable travail de composition qui est digne d'une récompense tant l'acteur fait des merveilles. A ses coté, on retrouve quelques tête connues, comme l'inénarrable Scott Bakula armé d'une magnifique coiffure déterré de Code Quantum, ainsi que Eddie Jemison (Livingston Dale dans Ocean's). Melanie Linskey est également surprenante, composant avec un certaine grâce et une douce folie la compagne de Mark. Pour enrobé cette folie douce, le cinéaste n'oublie pas son style esthétique très particulier, avec de ton jaune très saturé et des lumières brulantes. Unes excentricité formelle accompagné de la délirante composition musicale de Marvin Hamlisch. Cette recette permet de créer un rythme délirant au film, permettant ainsi à l'intrigue de se déroulé sans anicroche.

The Informant ! est donc une agréable surprise. Soderbergh créer un rythme entrainant et singulier autour d'un délicieux personnage qu'habite un Matt Damon méconnaissable.