Par_dela_le_bien_et_le_mal

Genre : Drame

Réalisateur : Vincente Amorin

Synopsis :

John Hadler est un professeur de littérature dans une université Allemande. Alors que les nazis prennent le pouvoir, il se voit proposer un statut honorifique dans le parti, ce qui lui permettrait de conserver son poste en tant qu'enseignant.

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Avis :

Un petit film direct to video sur le nazisme ne peut pas faire de mal de temps en temps (surtout quand celui ci ne dure que 1h30). Mais de ce cas là, on aurait aimé qu'il dure un peut plus longtemps. Explication.

Le film se propose de suivre le destin de John Hadler. Un professeur aux allures de Cercle de Poètes Disparus, qui se coltine une mère souffrante et totalement carbonisée de la boussole ainsi qu'une femme qui s'en bat la bourriche que son lunetteux de mari tringle une étudiante dans son salon. A coté de ses poids quotidiens de plus en plus insupportable et de ses visites à son ami psychiatre juif, il est adulé par la le haut commandement et par le führer lui même. La peinture faite de cette homme, le cul totalement pris en sandwich entre ses convictions qui font de lui un homme cultivé et raisonné, et de l'autre la possibilité d'appartenir à une éternité politique. Durant tout le film, on voit ce professeur s'engloutir dans le marécage de ses doutes et ses incertitudes au rythme d'un chant venant régulièrement faire sonner le glas de son existence passée. Cette histoire personnelle et relevant de la fiction demeure très intéressante, mettant en lumière les personnes qui ont été nazis bien malgré eux. De ce coté ci du film, on ne peut que reprocher un héros un peu trop aveugle pour être totalement vraisemblable.

Mais autant la partie privée du personnage est très excellente, autant l'aspect public semble bâclée. Car, si l'intensité de Viggo Mortensen porte le personnage tout au long du film, son talent ne peut combler les failles du long métrage. On nous montre que ce professeur est approché par le parti nazi pour en donner un cachet intellectuel. Mais tous ce qu'il lui à permis de parvenir à son statut est zappé par le film. Ses avis bien tranché sur l'euthanasie, qui semblait être le leitmotive des généraux Allemand pour engager John Hadler, est excommunié du film, n'en fessait référence que très rarement par l'intermédiaire de la mère du héros et lors de la séquence de tournage d'un film de Goebbels. Les répercussions de ses théories ne sont donc pas exposé alors qu'il y avait matière à développer ce point historique (sachant que "l'euthanasie" des fous et personnes handicapées fut pratiqué en masse par les nazis). Le film se concentre donc uniquement sur Hadler et son amitié avec son ami juif, qui est également traité assez superficiellement et sans aucun lien avec ses théories (les nazis justifiaient le massacre de millions de juifs en les présentant comme des gens mal dans leur peau).

Par Delà Le Bien Et Le Mal est donc un petit film réussit mais incomplet dans son ambitieux projet de réunir petite histoire avec la grande. Il reste l'impressionnante composition de Mortensen, toujours aussi charismatique dans un très bon rôle.