Les_Oiseaux

Genre : Fantastique

Réalisateur : Alfred Hitchcock

Synopsis :

Mélanie Daniels, jolie femme, mondaine et spontanée, rencontre dans une oisellerie Mitch Brenner, un séduisant avocat, qui cherche des inséparables pour les offrir à sa jeune sœur Cathy. Par jeu, Mélanie les achète et les apporte à Bodega Bay, où Cathy habite avec sa mère.

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Avis :

Devenu aujourd'hui l'objet de culte de bien des cinéastes (notamment Shyamalan, qui a tout repris sur ce film pour faire le honteux Phénomènes), Les Oiseaux d'Alfred Hitchcock est le film qui poussera la mécaniques du cinéaste à son paroxysme.

Hitchcock se sert de ce film pour y coucher tous ses troubles, toutes ses envies. Avec Les Oiseaux, le cinéaste démultiplie et amplifie ses thèmes et sa mécanique pour en faire un film riche, étouffant et troublant. On retrouve toujours le personnage de la femme fatale : une belle blonde qui est "no limit" dans ses intentions et ses démarches. Une charmante mondaine qui n'hésite pas à s'incruster partout ou elle peut. De l'autre coté, le bellâtre, avocat et séducteur, qui cherche une compagne digne d'intérêt. Malheureusement, il y a toujours la mère, acariâtre au possible et meurtri par le décès de son époux (au point qu'elle le fait remplacer par son propre fils) pour mettre des bâtons dans les roues. La mécanique d'œdipe, déjà présente dans Psyhose, prend ici pleinement son sens, et ce de façon directe et claire. L'introduction du fantastique, parallèle à celle de la femme fatale, rend la lecture du film totalement subjective et personnelle : est ce que les oiseaux veulent chasser Melanie car elle n'est pas à sa place ? Ou est ce un terrible hasard ? Ou est ce que les oiseaux sont le bras armé de dieu pour punir tous les pêcheurs ? Toutes ces lectures peuvent convenir. Ajouté à cela les incursions psychanalytique et la fin ouverte, et on a le film d'Hitchcock qui possède le plus de lecture.

Mais, outre les thématiques, c'est également le style visuel du cinéaste qui explose dans ce film. Les Oiseaux est indéniablement le film le plus sanglant de la carrière du réalisateur. Le cinéaste ne nous épargne pas les visions d'horreur, avec un sens du timing et du cadrage toujours aussi efficace. Les moments de suspens pur sont diablement maitrisés, prolongeant chaque séquences d'une tension palpable jusqu'à ce que le spectateur atteigne un point de non retour, pour ensuite lâcher les oiseaux sur leur proies (l'intense préambule à l'attaque de l'école). La mise en valeurs des attaques, toujours plus monstrueuses et violentes les unes que les autres, est donc impériale, avec un mixage son d'une grande efficacité (supervisé par l'incontournable Bernard Herrmann), de magnifiques cadrages (le magnifique plan en contreplongée lors de l'attaque de la station service) et un montage qui impose un rythme soutenu et approprié à chaque temps forts du métrage. Les acteurs sont quant à eux très bons : Rod Taylor et Tippi Hedren forme un couple tous ce qu'il y a de plus moderne et crédible, et Jessica Tandy compose une mère délicieusement glaciale.

Les Oiseaux est donc le film qui pousse les thèmes d'Hitchcock jusque dans leurs retranchements. Efficace, profond, sanglant et rythmé : une parfaite communion des ces quatre éléments qui donne naissance à un classique du genre et du septième art.