Wolfman

Genre : Horreur

Réalisateur : Joe Johnston

Synopsis :

Après la mort de son fiancé, Gwen Conliffe écrit au frère du défaut, Lawrence Tabolt, afin qu'il revienne au château familliale qu'il à jadis déserté. Mais, durant ses investigations dans les bois de Blackmoor pour éclaircir le meurtre de son frère, Lawrence se fait mordre par un énorme loup-garou.

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Avis :

Projet maudit jusqu'à la moelle, Wolfman a eu bien du mal à nous parvenir : Changement de réalisateur en plein tournage (Mark Romanek remplacé par Johnston), date de sortie sans cesse repoussée et des mystérieux changements de compositeur (Danny Elfman remplacé par Paul Haslinger, puis le retour de Elfman). C'est donc aujourd'hui que le film sort, avec une sacrée boule au ventre.

Heureusement, on est loin du massacre de Invasion ou de Rollerball (tout deux des films qui ont connus le même chemin). Ici, Wolfman respecte à la lettre les intentions du studio Universal, à savoir ressusciter les monstres qui ont fait sa renommée. Bonne aubaine : le succès de Underworld conjugué à celui de Twilight permet au film d'avoir une chance de cartonner au box-office. Cela permet également à tous ceux qui ont envie de se défenestrer devant les "monster teen-movie" de remettre à plus tard leur tentative de suicide car le film de Johnston se présente comme un très bon héritier du cinéma de monstre. Outre l'intérêt financier d'utiliser l'époque béni des vielles charrettes et châteaux en ruines (permettant de rameuter le public gothique), cette époque permet également au film de déployer une esthétique imparable. Même si il accumule les lieux communs (bois, ruelles, château), la photographie et le style fait mouche. Cette recherche purement picturale s'allie à une mise en scène efficace dans les attaques du fameux Wolfman. Des scènes extrêmement gores, fluides et prenantes de bout en bout, doublées d'une cruelle ironie dans les mises à mort (le funeste destin du psychiatre). On sent que Johnston a pensé ses scènes bien avant le tournage.

Malheureusement, les scènes de transitions sont pas du même tonneau. Si ils servent de façon très basique l'intrigue, leurs montages est assez visible. C'est parfois très abrupte et très voyant (éternel flou enchainé) et sa sent beaucoup le rafistolage de dernière minute. Un montage parfois problématique qui influe défavorablement sur l'atmosphère du film. Bien que esthétiquement irréprochable, il manque de souffle et de lyrisme pour que l'histoire prenne de l'ampleur. Surtout que le réalisateur ne laisse aucunement le temps au film d'installer un quelconque climat pesant ou dérangeant (mise à part la scène en hôpital psychiatrique). L'intrigue en elle même est bonne, sans être excellente. Si le coté psychologique joue parfaitement sur les deux tableaux (le film s'engage sur la voie des classiques de la psychiatrie - notamment Œdipe - tout en critiquant ouvertement la fermeture d'esprit des médecins psychiatres), le pan plus romantique du film peine à convaincre et à s'imposer. La faute peut-être à la fadeur de Emily Blunt ou au manque cruel de sentiment. Toutefois, le film bénéficie d'un trio d'acteur très convaincant : Benicio Del Toro utilise parfaitement son animalité sans en faire des tonnes, Anthony Hopkins est moins cabotin que d'habitude, et Hugo Weaving a enfin remballé son habit de Smith pour celui d'un inspecteur coriace et rusé. Concernant les effets spéciaux, en particulier la transformation, cela reste correct. Après, le look du Wolfman, on aime ou pas, mais le résultat se rapproche assez bien du croisement homme-loup.

En définitive, Wolfman n'est pas la catastrophe programmée, loin de là. Il possède un certain charme et rend parfaitement hommage aux anciens films d'Universal. Mais il manque quelques ingrédients essentiels qui aurait pu transformer ce film classique en Sleepy Hollow.