Dans_La_Brume_Electrique_1

Genre : Thriller

Réalisateur : Bertrand Tavernier

Synopsis :

L'inspecteur Dave Robicheaux enquête sur une série de meurtre ainsi que sur la découverte de restes humains datant de la période de la traite des noirs.

Dans_La_Brume_Electrique


Avis :

Bertrand Tavernier a mis du temps avant de sortir son film américain sur notre bonne vieille France. Entre les déboires causés par l'ouragan Katerina ainsi que le bide rencontré dans les salles Américaines et les divergences artistiques avec le producteur, Dans La Brume Électrique à traversé un véritable chemin de croix pour débarquer chez nous.

Esthétiquement, le film de Tavernier est irréprochable. La camera du réalisateur capte magnifiquement la faune et la flore du sud profond des Etats-Unis. Des bayous marécageux en passant par les petites villes au style colonial et par les terres dévastées par l'ouragan, le film s'ancre parfaitement dans une réalité sauvage. On sent le poids de l'histoire, celui des chaines des esclaves noirs et celle de la culpabilité. Une contrée parfaite pour des hommes en quêtent de rédemption. Dave Robicheaux tente d'entériner son passé d'ancien alcoolique et son pote noir, Sam, tente de se racheter une conduite après avoir croupi en prison. Mais c'est aussi une région qui cache beaucoup de chose. Cette brume qui vient camoufler tout les vices et les malversations dont regorge la Louisiane, tout comme les pseudo activités cinématographiques d'un mafieux du coin. Un brume auquel vient s'inviter parfois un général de l'armée confédéré. Il symbolise le vieux sud, celui qui a combattu pour le maintient de l'esclavage. Il symbolise également le douloureux passé que l'on essaye d'entériner. Ces éléments, ajoutés aux tirades du personnage principal, donnent au film un caché unique et le rendent très complexe sur le plan psychologique. Niveau atmosphère, le film fait donc très fort.

Mais voila, il y a beau avoir un excellent fond, un casting quatre étoile (un magnifique duel entre deux monstres du cinéma : John Goodman et Tommy Lee Jones) et une somptueuse réalisation (la scène de la mousson est magnifiquement filmé), il reste que le film est très fermé sur lui même et empêche d'être atteint par une grande majorité de spectateur. On n'a de cesse de repenser au magnifique film d'Eastwood, Minuit Dans Le Jardin Du Bien Et Du Mal, qui était autrement plus accessible dans son genre. Ici, Tavernier ferme son film dans un déluge d'intrigues subsidiaires, transformant une simple histoire policière en un véritable marécage d'enquêtes et de suppositions pas vraiment indispensables. Ensuite, outre le doublage français horrible de Tommy (voir le film en v.o. donne beaucoup plus de naturel au personnage), le style des dialogues est ultra-littéraire. Du coup, on se croirais plus dans un colloque animé par Bernard Pivot que dans un polar pur et dur. Mais, au delà de cela, c'est surtout le rythme du film qui est à remettre en cause. C'est assez lent au début, on se laisse facilement distraire, et il faut attendre la moitié du film pour voir poindre un peu d'intérêt dans cette enquête. Enfin, la musique de Marco Beltrami, bien que inspirée, est trop mise en avant durant tout le film.

Dans La Brume Électrique est donc un bon film qui se distingue des autres productions du genre par son atmosphère travaillée. Mais les nombreux hics venant entacher le rythme du film fait que ce n'est pas la révolution tant attendue. Dommage.