Otage_1

Genre : Action

Réalisateur : Florent-Emilio Siri

Synopsis :

Après avoir conduit à l'échec une négociation, Jeff Taley s'exile à Bristo Camino, loin des tribulations de Los Angeles. Mais son passé va ressurgir lorsque trois jeunes gens prennent en otage un père et ses deux enfants.

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Avis :

Après le très bon Nid De Guêpes, Florent Emilio Siri part aux États-Unis tourner un film d'action autour de la star du genre : Bruce Willis.

La séquence de négociation introductive que nous livre Siri est vraiment superbe. Outre le magnifique générique de début au style très BD, la séquence permet de démontrer que Siri est un parfait bijoutier de l'action. Il allie travelling arrière, ralentis et steady-cam avec une précision et une harmonie exceptionnelle. En plus de cela, il nous propose un Bruce Willis barbu en mode hippie, qui prend son travail pour une promenade de santé. Et pouf, après le cuisant échec de l'inspecteur Talley, on nous met dans la peau d'un autre Bruce Willis : petit flic de Bristo Camino, rasé de prés et de loin, qui voit sa femme une fois tout les tremblements de terre et qui s'engueule avec sa grande fi-fille qui supporte plus les bouseux du coin et les pizza congelées de papa Willis. Faut pas nous prendre pour des pantins bien longtemps : on sait que tout cela va péter un jour ou l'autre. C'est l'adage des films avec des flics qui s'exilent dans une cuvette : on se fait vite rattraper par ses démons. Et en plus, sa tombe un lundi, ce qui contrarie un peu les plans professionnelles de sieur Willis (à savoir rester derrière un bureau à se goinfrer de Donut et s'imbiber de Café Noir). Et en plus, c'est des bouseux rebelles qui prennent en otage des richards qui ont les mains sales. Une belle confrontation riche contre pauvre s'annonce.

Mais cette confrontation, ainsi que la prise d'otage, reste dans les carcans du genre. Bien sûr, le suspens est très bien entretenu par des rebondissements et des évènements auxiliaires toujours très croustillants pour maintenir la tension et l'attention (la famille de Taley va être elle même prise en otage, une idylle univoque entre un des criminels et l'adolescente). Mais, il faut bien le dire, il n'y à rien de neuf à l'horizon. Heureusement, le sens de l'action et de la mise en scène, musclée, de Siri transparait tout au long du film. Quelques petites fusillades, pas méchantes mais suffisamment maitrisées pour divertir, ainsi que le final particulièrement "brulant" livre parfaitement la marchandise espérée. Niveau interprétation, si on exclue le rôle du gosse, outil de la dramatisation et qui se révèle être un véritable boy-scout (c'est l'avantage d'avoir un père qui roule sur l'or), le casting est impeccable : Ben Foster incarne à la perfection un méchant ambigu, Jonathan Tucker interprète avec conviction le jeune délinquant aveuglé par la reussite matérielle, et Kevin Pollak joue parfaitement le comptable sympa mais véreux. Quant à Bruce Willis, il livre un jeux exemplaire, qui montre parfaitement le fibre dramatique du personnage sans en faire trop.

Otage est donc un film d'action honnête avec un Bruce Willis en grande forme. Le divertissement est assuré même si il se repose trop souvent sur des ingrédients trop éculés pour surprendre.