In_the_air

Genre : Comédie

Réalisateur : Jason Reitman

Synopsis :

Ryan Bingham, spécialiste dans le licenciement, passe ses jours dans les avions afin d'engranger le plus de "miles". Mais Nathalie Keener, jeune consultante fraichement débarqué dans l'entreprise, propose de révolutionner l'entreprise en y introduisant l'utilisation de la vidéo par correspondance.

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Avis :

Après Thank You For Smoking et Juno, Jason Reitman continue son petit bonhomme de chemin au sein du cinéma "indé" américain. Il revient aujourd'hui avec In The Air, pamphlet sur la société actuelle.

Ryan Bingham est un homme qui pourrait tout vendre. Même le licenciement. C'est pourtant ce qu'il fait dans la vie de tout les jours : il prend son sac à dos, met le strict nécessaire dedans, embarque dans son avion pour atteindre une autre ville ou il auras à licencier une douzaine de moldus totalement assommés par leur évictions de leur secondes familles pour ensuite alimenter les salles d'attentes des psychiatres. Car, ce que montre avant tout le film de Reitman, c'est que le travail devient autant important, ci ce n'est plus important que la vie de famille. L'aliénation par le travail qui s'accouple avec une aliénation de l'électronique. Tout est désormais dans la rapidité et la simplicité : on couche à la vas vite et on s'occupe pas d'autre chose que de son boulot. Voila un peu la société que nous dépeint le film de Jason Reitman. Son histoire capte toutes les petites caractéristiques de nos vies : profusion des cartes promouvant la fidélité à des marques diverses et variées, diffusion du lien social par internet, multiplications des philosophies de vies, le tout sur fond de crise financière. Et là, Reitman adopte son ton gentillement corrosif, popularisé par Thank You For Smoking, sur ces marchands de licenciement, qu'il dépeint ici comme de véritables vautours. Mais des charognards qui ont de la psychologie comme le prouve notre héros, Ryan Bingham.

Par ailleurs, il joue les même atouts que pour son premier long métrage : un homme au sourire charmeur (excellent George Clooney) qui fait un travaille absolument indéfendable (virer des gens) et qui à une vie sentimentale catastrophique (il est seul et à rompu tout contact avec sa famille). Pour l'accompagner, il y a la jeune Nathalie Keener (magnifique Anna Kendrick) qui n'est pas mieux que Bingham, sinon pire (elle veut imposer le licenciement par correspondance, supprimant ainsi tout contact humain), ainsi que la jolie Alex (Vera Farlinga, sublime) qui entretient une relation totalement irréel avec Ryan. Il y a aussi le directeur arriviste de l'entreprise (Jason Bateman, parfait) qui se fait plein de blé sur le licenciement et qui compte en faire plus grâce à la crise et à la réorganisation proposée par la petite Nathalie. Tout ce beau monde évolue dans un scénario qui aligne quelques petites atrocités (stéréotypes et les leçons de vies du genre "on va crever tout seul") et des rebondissements avec une réel fluidité narrative, qui se clôt sur une note beaucoup plus perverse, beaucoup plus grave qui rend le film encore plus intéressant. Le film bénéficie également d'une excellente mise en scène, qui donne le "la" à chaque moment du film (un montage rapide qui traduit les mouvements mécaniques de Bingham) et qui s'accorde parfaitement avec le coté "indé" qui caractérise le cinéma de Reitman. In The Air s'en sort donc vraiment bien dans son domaine. On peut juste pointer quelques passages obligés pas vraiment bluffants (inévitable retour aux sources) et une fin assez longuette.

In The Air est au final un très bon film, drôle parfois, qui tend un miroir pas si déformé que cela sur notre mode de vie. Le jeune Reitman confirme donc tout le bien que l'on pensait de lui.