District_9

Genre : Science Fiction

Réalisateur : Neill Blomkamp

Synopsis :

Après avoir resté pendant 20 ans dans le District 9, "les crevettes", des extra-terrestre qui ont échoués en Afrique du Sud, vont être relogé dans le district 10. Le gouvernement charge alors la MNU de l'expulsion. Wikus Van Der Merwe, un petit cadre de la MNU, est chargé de superviser le programme d'expulsion des "crevettes".

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Avis :

Après avoir été déchu du droit d'adaptation du jeux-vidéo Halo, Neill Blomkamp et la société de production de Peter Jackson s'associe pour créer un autre film sur les extra-terrestre : District 9.

Les influences générées par la préparation de l'adaptation du jeux Halo se sent tout au long du film. D'une part via le look des extra-terrestres, mais aussi par les armes aliens et également par la mécanique du scénario, simple et linéaire (contamination, évasion, récupération, résolution). C'est aussi peut-être le seul point faible du film : c'est linéaire donc, du coup, on à tendance à flemmarder devant le film. Sinon, pour le reste, le film est vraiment excellent. Tout d'abord le traitement du sujet est assez atypique et semble avoir un immense potentiel critique. Mais Neill Blomkamp fait autrement en tentant de multiple pied de nez au genre. On part d'une fiction documentaire pour ensuite basculer dans un vrai film de science-fiction, on part d'un héros que sa simplicité d'esprit rend totalement égoïste et inhumains pour ensuite le transformer en brave guérilleros. On a l'impression que Blomkamp veut faire muter son film au même rythme que la mutation de son héros. Pour appuyer se contrepied, il situe l'action de son film en Afrique du Sud (lieu de naissance du cinéaste). Une audace sociologique (des extra-terrestre qui s'installent dans un pays du sud) et politique (remise en cause de la nation arc-en ciel) qui à le mérite de ne pas s'inscrire dans la lignée des autres films du genre. A la suite de cela, un constat s'impose : l'homme n'est pas prêt de devenir un "citoyen de l'univers".

Le traitement de l'intrigue en adoptant un technique de fiction-documentaire permet d'enraciner son film dans un certaine réalité et de crédibiliser son histoire. La fluidité des 10 premières minutes est exemplaire, bien loin de l'esbroufe esthétique d'un Cloverfield ou d'un Blair Witch. La réalisation est d'une très grande tenue et demeure lisible quelque soit le rythme de la séquence (que se soit action ou drame). Un bonheur pour les mirettes auquel s'associe les effets spéciaux qui sont de toute beauté. Le vaisseaux mère présent en arrière plan est magnifique, tout comme la modélisation des extra-terrestre, qui semble plus vrai que nature. On sent que ce réalisateur sait prendre en compte la qualité des effets numériques pour consolider ses intentions de rendre vraisemblable ce qui ne l'est pas (revoir pour cela les pub qu'il a réalisé pour Citroen). Le film sait également joué la carte du divertissement grâce à plusieurs fusillades de bonnes factures. Le casting est aussi de grande tenue, notamment Sharlto Copley, convaincant dans son rôle de cadre gauche. Un acteur plein de promesse pour l'avenir (on le retrouvera dans la peau de Looping pour l'adaptation de l'Agence Tous Risques). Enfin, l'épilogue du film est vraiment très bien trouvé, renouant avec le début du film tout en y incluant un peu de poésie.

District 9 est donc un excellent film qui sait mélanger les codes du genres avec d'autres plus audacieux. Le résultat est étonnant et détonnant dans le paysage cinématographique.