Panic_Room

Genre : Thriller

Réalisateur : David Fincher

Synopsis :

Meg Altman et sa fille Sarah emménage dans une maison huppé de Manhattant. Mais le soir de leur emménagement, trois intrus s'introduisent dans la maison. Le seul moyen d'échapper à ces intrus est de se réfugié dans la chambre de panique.

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Avis :

Après Seven, The Game et Fight Club, David Fincher continue sur sa lancé avec Panic Room, thriller moins recherché dans le fond, mais tout aussi efficace que ces précédents films dans la forme.

C'est avec Panic Room que le cinéaste va étaler sa mégalomanie au grand jour. Dans son processus qui est de révolutionner chaque genre auquel il s'attelle, ce huit-clos va être l'occasion pour lui de transcender et de dépasser l'espace filmique. A travers des travellings et des faux plans séquences (car chacun des mouvements des caméras sont reliés par des effets numériques), Fincher pulvérise les murs et les plafonds pour laisser évoluer sa caméra au fil de l'intrigue. Ce processus esthétique lui permet de fluidifier les mouvements et la narration du film (le plan séquence qui suit les diverses tentatives d'intrusion des trois criminels est assez bluffante). Mais cette relative liberté spatiale n'entrave en rien le suspens suscité par l'enfermement. Grâce à l'alchimie de la ténébreuse photographie de Darius Khondji et de la musique lourde de Howard Shore, ainsi que l'étagement de la peur et de la tension sans cesse renouvelé, le film garde sa puissance et sa force, qui trouve son point d'orgue lors d'un final à couper le souffle. Une intensité relayée par le jeu des comédiens, en particulier Jodie Foster, exceptionnelle dans le film.

Mais le problème se pose plus au niveau de la profondeur du scénario. Beaucoup de personnes (et peut-être à juste titre) n'ont vu en Panic Room qu'un divertissement pop-corn du dimanche soir. Mais, en creusant un peu, on y trouve quelques belles idées dans ce scénario inoffensif en apparence. Tout d'abord, on peut y voir une petite critique de la mégalomanie moderne de se protéger, voir de se surprotéger. Une sur-protection qui est assez bien retranscrite par l'attitude de la mère envers sa fille diabétique (traité de façon réaliste, et je sais de quoi je parle). Ensuite, la dite chambre n'est pas caché par un miroir pour faire jolie. Cela permet au réalisateur et scénariste de renvoyer à notre propre chambre de panique, celle qui se trouve en nous et que nous cachons désespérément derrière une façade lisse et propre (comme le personnage de Meg Altman qui, sous ses aires de bourgeoise sûre d'elle, cache une profonde remise en question de son rôle de mère et plus largement de femme). Enfin, soulignons l'astucieux parallèle entre Burnham et Meg Altman, deux être humains prêt à tout pour sauver leurs familles (idée qui se voit très clairement par l'opposition des plans lors de l'épilogue).

Un excellent film qui, sous ses nobles intentions de divertissement haut de gamme, cache quelques points de réflexions non négligeables.