Dans_la_vall_e_elha

Genre : Drame

Réalisateur : Paul Haggis

Synopsis :

Hank Deerfield, ancien membre de la police militaire, part à la recherche de son fils Mike, qui à mystérieusement disparu après son retour d'Irak.

Dans_la_vall_e_elha_2


Avis :

Après la reussite de Collision, Paul Haggis reprend les armes de l'analyse sociologique pour se pencher sur la guerre en Irak et ses traumas.

Si son précèdent film était un excellent déboucheur lacrymal, son nouveau l'est, en comparaison, un peu moins, même si il en reste des bribes. Le fait est qu'ici, son film n'est pas une attaque directe à la politique Bush, même si on sait que le bonhomme en est un farouche opposant. Ici, il veut plutôt faire la lumière sur les conséquences directes de cette guerre sur le mental des soldats. Alors certes, il faut attendre la dernière demi-heure pour constater que tous cela est bien pire que ce que l'on aurait pu imaginer, mais on constate au fil de l'intrigue que tout peut arriver dans ce genre de situation. Le message du film est simple et loin d'être manichéen : faire la guerre, oui mais pas n'importe comment. L'Irak est un bourbier non pas parce que l'ennemi est plus fort, mais parce que les Américains sont psychologiquement plus faibles et primitifs que se qu'ils pensaient, en témoigne la vidéo témoin que Hank tente de décrypter pendant tout le film. En résulte une guerre de rue sans foi ni loi, comparable à celle du Vietnam, mettant ainsi en perspective une lourde conclusion sur la nature humaine : les erreurs du passée son destinées à être reproduites.

Ce message, véhiculé par le film, est traité sous forme de drame pour sa première partie. Un drame fort, puissant, ou Susan Sarandon, farouche militante anti-Bush, livre ses larmes aux spectateurs comme témoignage de ses convictions les plus profondes. En face, Tommy Lee Jones, impériale et toute tristesse contenue (voir la magnifique scène de la conversation téléphonique avec Sarandon), se donne comme jamais il s'est donné dans un film. Peut-être le rôle de sa vie. Puis, une fois une des hypothèses éventée, on entre dans la partie thriller du film. Alors que notre Tommy garde fermement les reines de sa magnifique interprétation, Charlize Theron entre en scène avec un rare grâce, incarnant avec une réelle crédibilité une flic en proie à la psychorigidité de ses partenaires et d'un monde totalement irraisonné, et qui, l'instant d'une scène, reste muette et la larme à l'œil devant le cadavre d'une femme quelle n'a pas voulue protéger. Au fond, le film dit une chose : que les rapports humains sont devenues mécaniques et froids.

Dans La Vallée d'Elah est donc un film magnifique, touchant, poignant et intelligent, prouvant que Haggis est un cinéaste à suivre de très prés.