Poseidon

Genre : Catastrophe

Réalisateur : Wolfgang Petersen

Synopsis :

Le soir du nouvel an, le Poseidon heurte une vague déferlante, retournant ainsi le paquebot. Quelques survivants tentent alors de rejoindre la surface.

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Avis :

Poseidon est un film de 1973 avec Gene Hackman et Ernest Borgnine qui est resté gravé dans l'histoire du cinéma catastrophe. En 2005, Poseidon de Wolgang Petersen est en phase de rester gravé dans l'histoire de la catastrophe au cinéma. Explication sous vos yeux.

Wolfgang ne se foule pas la cheville pour adapter le film de Ronald Neame : il transpose trait pour trait les bases de Poseidon version 1965 tout en les remettant au gout du jour. Exit donc le prêtre et le flic bourru et place au politique et au sous marinier. Mais il faut pas sa leurrer : le succès de cette remise à niveau tient entièrement dans sa mise en scène et dans ses effets spéciaux. Le bateau est très beau (quoi qu'un peu toc, surtout lors du générique), la scène avec la vague déferlante est magnifique et vraiment prenante, et le final est du même niveau. Les effets numériques sont donc un plus indéniable pour le film, qui gagne largement en envergure. Autre surprise : le film de Petersen est un poil plus sanglant que celui de Neame. Tout le monde se fait cramer, d'autre se fracasse la crâne, et il y en a même un qui se fait empaler. Ces petits éclats de violence restent minimes et assez gentil, mais cela est assez inattendu pour un film aussi grand-public. Enfin, dernière nouveauté par rapport au précèdent film : le film est beaucoup plus centré sur l'action et l'aventure. On sent que Petersen a travaillé avec un métronome tant les péripéties sont minutés tout au long du film (lac de feu, ballaste, tuyau d'évacuation, cage d'ascenseur). En gros en s'ennuie pas et c'est donc plutôt pas mal.

Mais, hélas, ce petit périple touche très vite le fond du gouffre niveau psychologie. Les dialogues sont bâclés et d'une banalité qui refroidirait un macchabée sur une plaque chauffante. On se demande plus d'une fois ce qu'a pu boire le dialoguiste avant d'écrire ses échanges sans âme ("il est chouette votre fils !" - "oui, j'en reviens toujours pas" propos échangés entre Josh Lucas et Jacinda Barrett). La psychologie de bazar affublée aux personnages fait également plus d'une fois froid dans le dos, et la description de ceux ci est du même tonneau (la fille surprotégée par son père : même Geneviève de Fontenay est plus moderne que ça !). On se rend donc vite compte avec ce film à quel point les studios Hollywoodiens courent après les spectateurs et à leur appétits d'entertainement. Tout comme le bateau, le film touche donc très vite le fond des choses, tentant misérablement de se rattraper par quelque traits psychologique assez minables. Le seul point fort de l'histoire : le personnage interprété par l'excellent Richard Dreyfuss, qui opère un magnifique virage psychologique qui étonne et détonne face à une galerie de personnage extrêmement fade.

Poseidon mise donc tout sur le renouvellement de sa forme, au détriment d'un fond qui est, pour le coup, assez peu en phase avec son temps.