Jusqu_en_Enfer

Genre : Horreur

Réalisateur : Sam Raimi

Synopsis :

Christine Brown a tout pour être heureuse : elle vit une véritable histoire d'amour avec Clay et son travail d'employée de banque spécialisée dans les crédits immobiliers marche correctement. Mais, lorsque Mme Ganush, une vieille dame, sollicite un prêt pour couvrir les échéances de sa maison, Christine décide de refuser pour impressionner son patron. Ce qu'elle ignore, c'est que la vieille femme a le pouvoir d'invoquer les démons et qu'elle va se venger au-delà de tout.

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Avis :

Après le succès de la trilogie Spiderman, Sam Raimi à voulu prendre un peu l'air, faire autre chose que tisser des toiles d'araignée sur des buildings. Et quoi de mieux pour se défouler qu'un petit voyage Jusqu'en Enfer !

Et le cinéaste à désormais les moyens de ses ambitions horrifiques puisque l'utilisation des effets numériques vient allégrement texturer chaque séquences démoniaques. Mais si les effets spéciaux viennent souvent amoindrir l'impact du film ou le dénaturer, dans le cadre de Jusqu'en Enfer, il contribue amplement à sa reussite formelle. Les effets, parfois très voyants, sont totalement assumés par le réalisateur, créant ainsi un jusqu'au boutisme répugnant mais volontairement drôle, tout en entretenant sérieusement le coté mystique de l'histoire. Ce petit coup de pouce virtuelle ne ternit donc rien de ce qui fait du long métrage un film de genre. Car, outre les séquences horrifiques totalement surréalistes (la scène du parking), voir frapadingues (la séquence de spiritisme), Raimi respecte scrupuleusement les codes du genre, tout en les réadaptant au goût du jour : une banquière qui doit marcher sur les autres pour progresser dans l'échelle sociale, un compagnon rationnel au possible, un système banquier irresponsable. Mais, derrière cette satire sociale, c'est évidemment l'horreur qui prime, aussi excessive et jouissive soit elle.

Le casting est aussi très convaincant. Outre le charmant duo que forme la délicieuse Alison Lohman et l'excellent Justin Long, ainsi que l'apparition fort joyeuse de David Paymer, c'est Lorna Raver qui emporte le morceaux avec sa composition appuyée mais affreusement hilarante de la vieille sorcière Ganush. La réalisation est finement recherché, avec des plans et cadrage tout droit sorti du cinéma Allemand des années 20, recherchant constamment à créer un malaise visuel durant tout le film, sans toutefois verser dans l'exercice de style. En résulte des magnifiques séquences, qui mettent parfaitement l'accent à la fois sur le délire que sur l'étrange. Enfin, les décors et la folle orchestration de Christopher Young enfonce un peu plus le clous de l'épouvante old-school, embrassant parfaitement le film et ses intentions d'en faire un vibrant hommage aux films d'horreur d'antan.

Jusqu'en Enfer est donc un spectacle comico-horrifique haletant et exaltant, qui permet de réaffirmer les filiations de Raimi avec le cinéma de genre.