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Genre : Drame

Réalisateur : Michael Mann

Synopsis :

Lowell Bergman, journaliste à 60 Minutes, tombe sur un dossier concernant l'un des géant du tabac : Phillip Morris. Pour décrypter ce dossier, il va faire appelle à Jeffrey Wigand, ancien directeur de recherche pour cette firme.

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Avis :

Michael Mann est un peu comme un scientifique qui reste cloitré pendant deux ans dans une pièce isotherme : il creuse dans ses cellules grises pour trouver le moyen de livrer un nouveau chef d'œuvre. Le meilleur dans tout cela, c'est qu'il y arrive, à tous les coups.


Son nouveau cheval de bataille, c'est le journalisme. Car, si Révélations parle belle est bien du danger du tabac, Mann se focalise avant tout sur ces enquêteurs publiques que sont les journalistes d'investigation, qui cravachent comme des ânes pour découvrir la vérité nue. Un choix plus que salutaire pour le film, qui se serait surement vite vautré ou aurait vite été oublié par le public si le réalisateur s'était atteler uniquement à décrire les ravages du tabagisme actif. Le film est par ailleurs très bien découpé. La première partie s'attache surtout au chimiste de Brown et Williamson, Jeffrey Wigand, qui tente tant bien que mal d'accorder ses violons entre sa conscience et ses engagements auprès de la compagnie de tabac. Une partie très intrigante, jouant le jeu du suspens et de la paranoïa sans jamais tomber dans la facilité ou la redite. La seconde partie, une fois l'entretient journalistique bouclé, se focalise sur Lowell Bergman, journaliste qui voit les foudres de l'auto-censure frapper son interview avec le chimiste. La passion et la raison s'entremêle, s'entrechoque même, mettant systématiquement les deux personnages principaux dans des situations de plus en plus inextricables.


Autour de ce scénario extrêmement bien écrit se greffe une mise en scène au cordeau, avec toujours le même soucis du détail qui anime le réalisateur depuis ces débuts : une lumière travaillée, révélatrice des états d'âmes des personnages, un aspect documentaire qui ne tombe jamais dans les travers du procédé, et toujours la même efficacité à faire vibrer le spectateur. La camera à l'épaule permet également de capté toute l'intensité du jeu des acteurs, nous rapprochant un peu plus des personnages et de leur sentiments. Une maitrise parfaite du matériaux sublimée par une direction d'acteurs prodigieuse (Al Pacino qui crache ses tripes à chaque scènes, Russell Crowe parfaitement à l'aise dans le registre pathétique) et une musique puissante, accompagnée de la voix envoutante de Lisa Gerrard.

Révélations est donc un petit bijou, un véritable drame humains et une profonde réflexion sur l'intégrité journalistique. Mann dépasse le simple cadre de son récit pour livrer une brillante leçon d'humanité.