Les_Noces_Rebelles

Genre : Drame

Réalisateur : Sam Mendes

Synopsis :

La vie de couple de Franck et April Wheeler dans les années 50, avec leur espoirs, leur rêves et de leur désillusions.

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Avis :

Et si, avec Les Noces Rebelles, Sam Mendes n'offrait pas une suite au naufrage du Titanic ? Avec pour cadre un couple qui se promet une belle aventure mais qui, à force de charger leur bateau d'illusions et de rêves, ont saborder leur croisière maritale.

Une métaphore détourné d'un second naufrage qui n'a rien à envier à celui de James Cameron.
Tout en revisitant les thèmes développés il y a dix ans dans son sublime American Beauty, Mendes complète ici son œuvre multi-oscarisée en montrant une fois de plus l'absurdité d'une vie de couple. Pleine de promesse, cette vie s'englue progressivement dans des impératifs financiers et familiaux, dans une routine abrutissante, un quotidien qui devient un train ou les fantômes du passé flottent, menant inexorablement son équipage vers l'ennuie ou/et la mort. Là ou dans American Beauty, s'était l'homme qui s'affranchissait des codes sociaux, c'est ici la femme qui se charge de faire dériver sa vie vers plus de liberté. Et cette triste histoire, plantée au cœur des années 50, n'est là que pour montrer que, en un demie siècle, rien à fondamentalement changer, et que l'on reste toujours prisonnier d'une vie que l'on a pas désirée mais que l'on à, par dépit, acceptée.

Et quoi de mieux pour illustrer cette déchéance que des scènes de ménage. Et là, il faut se pincer à plusieurs reprise tant ces scènes sont affreusement réalistes, d'une violence verbale (et parfois physique) jamais égaler dans l'histoire du cinéma.
Niveau casting, c'est également un sans faute. Outre le duo électrique que forme DiCaprio et Winslet, tout deux formidable d'intensité, c'est la performance ô combien remarquée (et remarquable) de Michael Shannon qui marque le plus, imposant, en seulement deux scènes, son personnage de mathématicien fou, qui délivre une des phrases les plus assassines de cette décennie. Citons enfin Thomas Newman, le partenaire indispensable du réalisateur sur tous ces films, composant une fois de plus un score hypnotique. L'histoire immensément riche du roman de Richard Yates trouve en Sam Mendes un partenaire cinéphile idéal. Le cinéaste touche régulièrement la grâce avec des plans magnifiquement sobre mais puissamment évocateur, des images qui vous hante bien après le film (en témoigne le magnifique le plan final sur Kate Winslet).

Vous l'aurez compris, Les Noces Rebelles et une magnifique fresque maritale dont on ressort le cœur serré et les tripes nouées.