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Genre : Action

Réalisateur : John Woo


Synopsis :

Ethan Hunt est chargé de récupérer un virus génétiquement modifié, la Chimére. Pour cela, il doit affronter un ex coéquipier : Sean Ambrose, qui détient le dit virus et qui menace de le répandre sur le monde entier.

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Avis :

Après Brian De Palma et avant J.J. Abrams, il y eu John Woo, qui s'est attelé à un exercice périlleux : perpétuer la série Mission: Impossible. Il doit donc essayer de faire la différence avec De Palma. Mais à trop imposer sa marque de fabrique, il en détruit le film.

John Woo avait fait preuve d'une grande efficacité avec son très réussit Volte/Face. Il est donc logique qu'il face de Mission: Impossible 2 un admirable divertissement plein de charme et de virtuosité. Sauf qu'ici, Woo zieute son nombril tous le long du film, se parodiant à outrance à chaque plan jusqu'à se discréditer, détournant le spectateur du véritable spectacle pyrotechnique auquel on assiste. Une envolée de colombe par ci, un ralentit par là, des mouvements d'art martiaux d'un coté, les cheveux aux vents d'un autre. Si les ingrédients du Dr. Woo fonctionnaient très bien dans Volte/Face car il servait de façon exemplaire le film, ici, on frôle plus d'une fois l'indigestion à force de marteler que les ralentis et les envolés de columbinae, c'est lui ! Il nous asperge donc de son style Hong-Kongais jusqu'à plus soif, nous concoctant un tango de BMW dans un ralentit foutraque. Le ralentit dois servir lorsque l'action atteint son maximum, et non pour surligné chaque cascade ou effets pyrotechniques. Cela reste tout de même regardable, mais il aurait fallu moins surcharger le film de ces effets de style qui sont plus d'une fois dispensables.

Mais cela aurait passé un peu si il n'y avait pas l'ego de Tom Cruise qui venait encore en plus asperger la caméra de Woo tout au long du film. Ici, il n'y a que Cruise qui compte, et rien d'autre : même pas Luther Stickell, même pas l'autre gars qui sert à pas grand chose (John Polson), encore moins Anthony Hopkins et son cameo, ou Thandie Newton qui, mise à part les avantages en nature et le pseudo intérêt dans la scénario (talon d'Achille de Ambrose), elle ne sert à rien. Le scénario est, quant à lui, assez sommaire, quoi que parfois un peu embrouillé, mais il tient globalement la route avec quelques bonnes idées (lancement de la mode "menace bactériologique"), tout comme les scènes d'action, plutôt bien foutues dans l'ensemble (si on écarte bien évidemment les tics de mise en scène de Woo). Dougray Scott et Richard Roxburgh, quant à eux, font de très bons vilains, qui rappelle un peu (mais juste un peu !) le coté machiavélique de Jérémie Irons dans le troisième Die Hard. Mais l'esprit d'équipe est encore moins prégnante que dans le précèdent, et les coéquipier sont plus là pour faire de la figuration qu'autre chose.

Mission: Impossible 2 est donc un film d'action décevant, même si les intentions sont bonnes. Il en aurait été autrement si Cruise ne se mettait pas sans cesse en avant et si Woo aurait levé le pied sur la pédale de l'auto-hommage.