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Genre : Drame

Réalisateur : Steven Soderbergh



Synopsis :


Une plongé dans le milieux de la drogue sous différents angles : deux flics des stups, un procureur et sa fille droguée, deux inspecteurs mexicains corrompus et un baron de la drogue.

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Avis :

Steven Soderbergh est un spécimen à part dans la cité du cinéma : c'est un artiste cinématographe. A chaque film, Soderbergh signe son œuvre par une mise en scène souvent tape à l'œil, ce qui, parfois, influe sur la qualité du film. Heureusement, Traffic est un grand, très grand film.

Soderbergh réunit pour les besoin de son film un casting qui s'apparente plus à un blockbuster qu'a un véritable film indépendant : Catherine Zeta-Jones, Michael Douglas, Dennis Quaid, Benicio Del Toro, Don Cheadle, Albert Finney, j'en passe et des meilleurs (Salma Hayek). Le fait est que le réalisateur à parfaitement choisit son casting. Michael Douglas est infiniment crédible dans le rôle du procureur perdu dans son combat contre la drogue, Catherine Zeta-Jones impose un personnage magnifique et complexe dans son rapport avec sa morale, Benicio Del Toro magnétise l'écran de son interprétation du flic mexicain (un oscar amplement mérité), et Dennis Quaid est excellent en comptable fourbe. Une qualité d'interprétation irréprochable rendue également possible par un scenario extrêmement riche et parfaitement équilibré, explorant autant les sous sols du trafic de drogue que ses conséquences sur les vies qu'il implique. Par la suite, le scenario bifurque vers une analyse de l'être humain (lâcheté, courage, veulerie,...), donnant ainsi un second intérêt au film.

De ces solides fondations, le cinéaste impose une mise en image très représentative des lieux dans lesquels les personnages évoluent : une pellicule brulé et une mise en scène documentaire lors des scènes au Mexique (qui met en avant à la fois la pauvreté du pays et la corruption qui consume la population), un filtre bleuté pour les séquences en compagnie du procureur (le bleu rappelant l'idée de justice et de peur), tout est millimétré dans la mise en scène tape à l'œil de Soderbergh, auquel s'ajoute la composition atmosphérique et inspirée de Cliff Martinez, accompagnant majestueusement chaque scènes. Les montées d'adrénaline sont également de la partie avec des retournements de situation crédibles et parfaitement maitrisés au sein d'un récit qui réserve son lot de surprises. Le rythme du film s'en trouve donc changé, maintenant ainsi perpétuellement l'attention du spectateur.

Quand Soderbergh accorde autant d'attention à son esthétique qu'a son histoire, il donne naissance à des grands films tel que Traffic. Un magnifique drame choral autour de la drogue, qui fut récompensé de deux oscars.