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Genre : Comédie

Réalisateur : Michel Hazanavicius

Synopsis :

OSS 117 est envoyé à Rio afin de récupérer un microfilm contenant les noms de collaborateurs français au régime nazi durant la Seconde Guerre Mondiale.

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Avis :


Après le succès du premier OSS 117, Michel Hazanavicius et Jean Dujardin reviennent dans une nouvelle aventure du célèbre espion français. Un épisode placé sous le signe des 60's et de l'humour.


OSS 117 : Le Caire Nid d'Espion avait déjà placé haut la barre dans le domaine de l'irrévérence. Ici, Hazanavicius multiplie par trois l'humour glauque, cynique et sinistre. Un humour qui se pose comme le reflet de la société (et la mentalité) française des années 60 : la religion du "tous résistant" de De Gaulle, le voile posé sur la Shoah, le rôle de la CIA en Amérique du Sud, etc... On est plus d'une fois déstabilisé par cette avalanche de répliques grinçantes de vérités (dont une, pas piqué des vers, sur le SIDA et les hippies) dont on a du mal à s'en remettre. Une totale liberté de ton et un rythme soutenue dans le burlesque, accumulant sans ciller les séquences grotesques, jouant sur les antinomies idéologiques (la tirade humaniste final du colonel Von Zimmel) et les préjugés sur les races (un agent américain ultra-grossier, des chinois qui se ressemble tous), tout en parodiant certains films cultes (la séquence final sur la statue du Christ Rédempteur est un clin d'œil à Vertigo et à La Mort Aux Trousses de Hitchcock). Les ZAZ ont donc trouvé le digne héritier de leur humour.


Vient se greffer ensuite l'interprétation savoureuse de Jean Dujardin, l'archétype même du bon français des années 60 (et ce jusqu'au propriété physique). Il incarne une fois de plus avec un flegme et un charme très français un espion gaffeur, inculte et condescendent, qui se rend jamais compte de se propre bêtise. Autour de lui, on retrouve un casting également excellent : Pierre Bellemare en espion en chef est délicieux, tandis que Louise Monot et Reem Kherici jouent parfaitement les potiches sexy et perverse. Les décors et les costumes sont kitsch à souhait, accentué par la musique follement jazzie de Ludovic Bource, sorte de catalyseur à la dureté morale de certaines répliques. Le charme des années 60 opère facilement grâce à un rythme entrainant, un captation parfaite des humeurs du moments, ainsi qu'un maitrise parfaite de l'univers dans lequel il évolue : référence au split-screen, procédé exploité à fond dans les années 60, les décors ultra kitsch et une musique qui ne fait pas dans la demi-mesure.

OSS 117 : Rio Ne Répond Plus est donc un excellent film, drôle, culotté et intelligent (même si cela ne se voit pas au premier abord). Il est donc facile pour ce film de se faire une place dans le genre, au vu de la ratatouille comique que tous les anciens rigolos nous servent depuis des lustres.